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Bruxellois du bout du monde / Sarah de Hemptinne


Sarah, en mission pour la paix au Burundi



En mission pour le maintien de la paix, Sarah de Hemptinne a atterri au Burundi il y a un an et demi.
De quoi vous occupez-vous exactement?
Je travaille comme observatrice des droits de l’homme pour l’Opération des Nations unies au Burundi depuis le mois d’août 2004. Il s’agit d’une mission de maintien de la paix établie au Burundi par le Conseil de sécurité des Nations unies au mois de juin 2004. En tant qu’observatrice des droits de l’homme, je m’occupe du "monitoring" des violations des droits de l’homme dans les 4 provinces du pays où les violations des droits sont les plus nombreuses et ce, dans la mesure où il s’agit de la partie du pays où ont encore lieu des affrontements armés entre les forces gouvernementales et des forces rebelles, les forces nationales de libération (FNL), qui n’ont pas encore signé un accord de cessez-le-feu. Mon travail consiste essentiellement à faire des missions sur le terrain, en vue d’enquêter sur ces violations des droits de l’homme et à en faire rapport aux autorités concernées afin que les auteurs de ces violations soient traduits en justice.

Pourquoi êtes-vous partie ?
Je dirais que je suis partie essentiellement pour des raisons professionnelles car le travail qui m’était offert était très intéressant. Par ailleurs, j’avais déjà travaillé à l’étranger auparavant et je voulais continuer à travailler peut-être par goût de l’aventure et par curiosité. Cela me permettait de continuer un peu à casser la routine quotidienne…Chaque jour ici est différent, chaque jour est une découverte.

Quelles y sont vos autres activités ?
Comme il s’agit d’un pays en guerre, nous ne pouvons pas sortir de la ville de Bujumbura sans escorte militaire et nous sommes soumis à un couvre-feu de 23h00 à 6h00 du mat. Je ne sors de la ville que la semaine pour faire des missions d’investigation, mais je ne peux pas sortir pour des raisons privées. Les activités restent donc assez limitées à quelques activités sportives, la plage de Bujumbura, fêtes et dîners entre amis, lecture, des tonnes de DVD, activités du centre culturel français,.….

Rencontrez-vous beaucoup d’expats ?
Il y a beaucoup d’expats, dont des belges, au Burundi, travaillant dans des ONG, des organisations internationales ou des personnes qui sont installées au Burundi parfois depuis de nombreuses années et qui y ont ouvert quelques petites entreprises, restaurants ou autres. Certains sont là depuis 20, 30 ans ou plus et y sont restés au plus sérieux de la crise. Socialement, c’est très chouette de rencontrer des gens de partout et de travailler dans un environnement multiculturel. A vrai dire, je rencontre quelques belges, mais pas beaucoup.

Quelles sont les activités qu’on ne trouve pas en Belgique et que vous pratiquez ?
Aucune…. Me trimbaler avec des militaires armés dès que je sors de Bujumbura….

Quelle est l’activité bruxelloise que vous regrettez?
Aller voir un bon film au ciné et fouiner dans les librairies……. A Bujumbura, il n’y a qu’une salle de cinéma et la qualité des films qui y passent n’est pas terrible.

Qu’est-ce qui vous a frappée en arrivant dans ce pays ?
Difficile à dire… Le lac Tanganika qui est superbe et les palmiers quand on survole l’aéroport.

Une petite anecdote sur le pays?
Le mythe de Gustave qui hante le lac Tanganika, le crocodile d’au moins six mètres de long qui aurait mangé 300 personnes. Il serait décédé il y a peu dans une zone rebelle et aurait été à son tour mangé par les gens de la localité où il aurait été retrouvé.

Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles ?
Je ne sais pas. En tout cas pas maintenant. Je me plais beaucoup à l’étranger…

LDO
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