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Bruxellois du bout du monde / Eric et Annick Schmitz


Eric et Annick, un hôtel sous le soleil



Eric Schmitz était prof de sciences, son épouse, Annick Heurter est kinésithérapeute. Tous deux sont nés durant la colonie au Congo. A leur retour à Bruxelles, ils se retrouvent au chômage et décident de repartir en Afrique. En Tanzanie…

Comment avez-vous atterri en Tanzanie ?
Un ami qui s’y était installé nous a proposé de venir voir ce qu’il y avait à faire, c’est-à-dire à peu près tout ! Comme nous étions chômeurs… Et que le chômage n’est pas notre tasse de thé, nous sommes venus une première fois voir le pays et quelques mois après, nous avons plongé dans la mare aux crocos.

Que faites-vous dans ce pays ?
Nous avons monté une petite compagnie qui s’occupe d’organiser des safaris dans les grands parcs du nord ou du sud du pays, des séjours à Zanzibar (plage, plongée, la culture Swahilie, les épices… la migration des raies manta, des baleines, les dauphins…), les ascensions du Kilimanjaro… Nous sommes installés à Arusha, près des parcs dont celui d’Arusha précisément, dans lequel fut tourné le film Hatari en 1963 et où se situe le Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Qu’est-ce qui vous y attirait ?
La lumière que nous avions déjà connue en Afrique. Et puis, il y a aussi, en plus de ces paysages incroyables et de ces ciels uniques, les gens, leur culture, leur gentillesse, leurs sourires, leur accueil, leur capacité à traverser tout sans stress.

Quelles sont les activités qu’on ne trouve pas en Belgique que vous faites ?
La différence est que les activités se font dans un cadre plus naturel et moins clôturé.

Que vous manque-t-il de la Belgique ?
En fait il ne nous manque rien sauf… Parfois… Une bonne casserole de moules et frites, une barquette de crevettes grises, un bon boudin de chez nous, la bière. L’ambiance belge, aussi. Mais, il faut plutôt regarder ce que nous avons et qu’il n’y a pas chez nous… La langouste est à 2,5 euros le kilo à la plage; l’hiver, les températures descendent à 17 °C la nuit… Dans ce pays poussent le pêcher à côté de l’ananas, les prunes, les oranges, les pommes, les poires et aussi le litchi, les fraises, les framboises.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées en vous installant là ?
La difficulté principale vient du fait que le pays est une ex-colonie allemande reprise par les Anglais et que la francophonie n’est pas toujours bien ressentie même si nous parlons également l’anglais. Donc, le démarrage d’une entreprise – surtout dans le secteur du tourisme où la concurrence est très dure et sans pitié – n’est pas aisé et demande du temps et surtout de rester braves.

A-t-il été facile de s’intégrer socialement ?
Il faut s’intéresser à deux aspects : d’abord, l’intégration dans la communauté des expatriés qui est très cloisonnée : l’anglophone fraie avec les anglophones, les francophones ensembles… Mais, nous avons pu observer que le Belge est plus souple et grâce à sa culture plurilingue, il s’intègre plus facilement dans un environnement pluriculturel. Donc, entre autres aussi grâce à notre profession, nous n’avons pas rencontré de véritables problèmes. Ensuite, il y a la communauté locale, extrêmement accueillante, qui apprécie que le “Blanc” partage sans arrière-pensée sa façon de vivre et sa culture et soit curieux de la connaître mieux.

Y a-t-il beaucoup d’autres Bruxellois ?
Il y a une communauté d’expatriés fort importante. Pour nous limiter aux Bruxellois que nous connaissons, il y en a un nombre relativement important qui travaillent dans des secteurs variés comme la coopération (agriculture), le Tribunal International via l’ONU, le tourisme. Il doit y en avoir d’autres plus discrets.

Avez-vous été confrontés à de grandes différences culturelles ?
Non, même si elles existent, nous y étions préparés. Nous avons grandi dans les différences culturelles que ce soit au Congo ou en Belgique.

Une petite anecdote sur le pays ?
Lorsque nous avons ouvert notre hôtel, nous avons dû construire toute la partie restaurant et le jardin, quand les travaux ont été finis, les ouvriers nous ont demandé de pouvoir rester travailler avec nous… Donc, de maçons et peintres en bâtiment, ils sont devenus cuisiniers, serveurs…

Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles ?
En vacances… Oui ! Nos “vieilles” mamans sont toujours là. Sinon, je retourne la question… Sachant que, quand vous ne pourrez plus travailler, vous pouvez trouver un petit coin de terre les pieds dans l’eau sur l’Océan Indien et regarder le soleil se lever tous les matins… Tranquille… Que faites-vous ?

www.kwetusafaris.com

LDO


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