Comment êtes-vous arrivé en Russie ?
Pour MSF, la Tchétchénie a longtemps constitué l’une des principales crises humanitaires oubliées. Il s’agit d’un contexte d’intervention particulièrement difficile et dangereux où les expatriés ne se rendent sur le terrain que lorsque la sécurité le permet; puisque les opérations sont coordonnées depuis Moscou.
Qu’est-ce qui vous y attirait ?
C’est une région dont la population civile a souffert de deux guerres successives (94-96 et 99-2000). L’impact du conflit en Tchétchénie n’a pas été sans conséquences sur la santé de toute une frange de la population. Aujourd’hui encore, malgré la reconstruction de la république, la population en éprouve des séquelles auxquelles MSF tente d’apporter une réponse médicale et psychologique. Par ailleurs, la Russie possède une histoire extrêmement riche et c’est un contexte en évolution rapide. Il s’agit d’une superpuissance qui joue un rôle prépondérant dans la politique mondiale. C’est donc également pour moi un rendez-vous avec l’Histoire…
Que faites-vous dans ce pays ?
En tant que chef de mission, je suis en charge du suivi des programmes que nous avons en Russie, et plus particulièrement en Tchétchénie. MSF y travaille dans deux cliniques à Grozny, la capitale, mais également dans une région rurale et reculée du nord-est du pays, à Karagalinskaya, où nous gérons un centre de santé. Concrètement, je suis chargé de la sécurité des équipes MSF, du suivi du contexte, des contacts avec les autorités et de la représentation de la section belge de MSF.
Y avez-vous une famille ?
Ma compagne travaille en tant qu’institutrice en Belgique. Elle finit donc cette année calendrier et me rejoint ensuite. Dès son arrivée, elle recherchera un travail à Moscou et se mettra à apprendre le russe…
Que vous manque-t-il de Bruxelles, de la Belgique ?
Les repas avec les amis et la famille.
Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?
La langue ! Pour se repérer dans la ville faut-il déjà connaître l’alphabet cyrillique !
Y a-t-il beaucoup d’autres expats ?
Il semble qu’il y en ait d’autres mais je ne les ai pas encore rencontrés. Ils sont pour la plupart français.
Avez-vous été confronté à de grandes différences culturelles ?
Les différences culturelles s’observent davantage avec les Tchétchènes qui disposent d’une société basée sur le système clanique et d’un code de conduite fort différent du nôtre. Il est important d’en connaître les principes pour ne pas commettre d’erreurs.
Qu’est-ce qui vous a frappé en arrivant dans ce pays ?
Le grand besoin dans lequel se trouvent les populations tchétchènes que nous aidons. De manière plus anecdotique, on ne peut parler de Moscou sans évoquer son métro : d’une efficacité sans pareille, ses plates-formes rivalisent avec les plus beaux halls de l’ère stalinienne !
Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles ?
Oui car mes racines sont toujours là.
Laure d’Oultremont