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"La Tribune" part à la découverte des nouveaux membres de l’Union. A Chypre, depuis 1974, le nord de l’île est occupé militairement par un pays candidat à l’adhésion à l’Union, la Turquie. Les biens y sont spoliés, les libertés de culte et d’enseignement entravées.
L’île de Chypre, récent nouveau membre de l’Union européenne qui adoptera l’euro le 1er janvier 2008, est divisée en deux depuis juillet 1974 : au sud, la partie libre où vivent les Chypriotes grecs (77 % de la population) avec un niveau de développement et des performances économiques à faire rougir la Wallonie (4 % de croissance, 3,5 % de chômage, 48 % d’universitaires parmi les jeunes, au moins tous bilingues si ce n’est trilingues). Au nord, l’île est occupée illégalement par les Turcs, coupant ainsi le pays en deux, en violation de toutes les règles internationales (voir encadré). L’autorité occupante, forte d’une présence militaire impressionnante (43 000 soldats) n’a pas hésité à “coloniser” la partie occupée en faisant venir des colons d’Anatolie, en s’appropriant les maisons appartenant aux Chypriotes grecs et en construisant massivement sur des terrains ne leur appartenant pas. Sans parler des centaines d’églises saccagées (voir La Tribune du 24 mai dernier) et de la liberté d’enseignement (en grec) réduite à sa portion congrue : il reste une seule école “grecque” dans la partie nord de l’île, alors qu’il y avait encore plus de 200000 Chypriotes grecs avant l’invasion. Au final, une véritable épuration ethnique.
La capitale coupée en deux
Résultat de cette situation : la capitale Nicosie est coupée en deux par une “ligne verte”. Il s’agit là d’un cas unique au monde ! La nouvelle maire, Mme Mavrou, a été élue en janvier 2007. Cette ancienne députée européenne explique qu’elle doit faire face à de terribles problèmes sanitaires (moustiques, rats, égouts,…), écologiques et pratiques pour les habitants en raison de cette coupure et de la zone tampon non occupée et non nettoyée. C’est un énorme problème pour développer la ville, surtout le centre historique, coupée en deux. Une lueur d’espoir brille cependant dans les yeux de cette battante : le “master plan”, plan de revitalisation du Vieux Nicosie qui promeut la coopération au-delà de la “frontière” et qui jette des ponts entre les architectes, urbanistes et ingénieurs des 2 communautés pour le futur, le jour où la ville sera réunifiée.
Pas deux Etats indépendants
Pour George Vasiliou, l’ancien président de la République (1988-1993), négociateur et grand artisan de l’entrée de Chypre dans l’Union en 2004, il faut remonter au contexte historique pour comprendre la question chypriote. Cet homme de paix remarquable met ainsi en avant perspective historique (voir ci-contre), culture grecque de tradition, contexte des négociations d’adhésion, analyse des forces et faiblesses turques et entrée dans l’UE qui porterait les germes de la solution à la question chypriote. Autre point méconnu soulevé par celui qu’on surnomme “La Colombe” : le nord ne pourra jamais être un pays indépendant et adhérer à l’Union, c’est contraire au protocole d’Helsinki, ce qui ruine les velléités turques d’avoir deux Etats indépendants.
L’Union européenne comme solution
De son côté, Yoannis Kassoulidis, ancien ministre des Affaires étrangères (il était ministre au moment de l’entrée de son pays dans l’Union), actuellement député européen (groupe PPE) et membre éminent du Rassemblement démocratique (centre-droit) entend jouer un rôle central pour l’avenir de son pays. Cet Européen militant, qui a instauré un dialogue avec les citoyens chypriotes et les associations qui tissent la société chypriote pour construire son projet pour le pays, a de grandes ambitions pour Chypre dans la famille européenne. Il souhaite qu’elle joue son rôle dans l’édification du projet européen en s’intéressant, en s’impliquant et en regardant l’Union avec confiance. Ainsi, Chypre gagnera le respect de ses partenaires qui s’intéresseront en retour à la question. Il prône un projet d’Union politique, fédéraliste, plus intégré, se distinguant en cela de l’Angleterre. Il rappelle aussi à ses “amis” anglais que les bases britanniques souveraines installées à Chypre ont été décidées sur base du principe de réciprocité : “Chypre a aujourd’hui beaucoup donné, il sera temps, quand on fera le bilan, de s’en rappeler pour envisager le retrait.” Pour son pays, il propose de changer le contexte du problème en s’adressant à la communauté chypriote turque. Pas d’Union sans retrait selon lui. Un jour ou l’autre, ils devront l’accepter. Il dit avoir des rapports humains tout à fait corrects avec leur chef, M. Talat. Et veut mettre en avant toutes les autres questions qui préoccupent ses compatriotes dans la vie de tous les jours. Particulièrement les jeunes, qui n’ont pas tous connus l’invasion et sont l’avenir du pays. Et se mettent à rêver de connaître un jour un pays réunifié…
 L’ONU assure, avec près de 900 hommes, la sécurité dans les zones tampons, tandis que Nicosie, la capitale, est coupée en deux par la “ligne verte”.(Photos B.P.)
Un peu d'histoire - Le pacte des trois belles-mères
Pour comprendre l’origine du conflit il faut remonter aux années 60. Trois raisons majeures vont amener la situation actuelle, générée par l’invasion de 1974 :
1. l’indépendance est décidée par la Grèce, la Turquie et la Grande Bretagne : on ne tient que peu compte de l’avis des Chypriotes.
2. En 1969, la Turquie est prête à envahir l’île mais renonce in extremis à la suite d’une lettre envoyée par le président américain Johnson à son homologue turc, le menaçant de couper l’aide des Etats-Unis.
3. Rebelote en 1974 : les Turcs ont leur plan de partition de l’île (en tout point proche de la situation actuelle…). Kissinger ne s’y oppose plus, au nom des intérêts géostratégiques des Etats-Unis avec la Turquie face à la menace russe et la position d’observatoire vis-à-vis de l’Iran. Il conseille à Nixon de sacrifier Chypre et cautionne l’invasion (annoncée comme temporaire pour “contrer” le régime des colonels grecs et le coup d’Etat contre Makarios). Conclusion : aujourd’hui, chacun prépare au mieux les futures négociations et les Chypriotes grecs comptent sur l’Union européenne pour faire respecter le droit international (résolution 541 et 540 de l’ONU, arrêt de la Cour européenne de justice de 1994, arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme de 1976, 1983, 1996, 1998, 2001 et 2005) et les principes fondateurs de l’Union (notamment libre-circulation et coopération renforcée). A ce titre, le gel de 8 chapitres de négociations avec la Turquie (et le rejet de l’application partielle du protocole d’Ankara aux seuls 9 des 10 nouveaux membres – hors Chypre) a été perçu comme un signe de soutien. Au final, sans retrait militaire turc, le blocage persistera…
Famagouste, ville fantôme dans l’Union
 Cet hôtel refusait du monde jusqu’en 1974. Il est aujourd’hui vide…(B.P.)
Dans la partie nord de l’île, Famagouste, la ville aux remparts médiévaux, à la splendide cathédrale gothique Saint-Nicolas, avec le port le plus important de l’île et des plages superbes en bord de mer turquoise. Seul hic vraiment choquant et trop souvent méconnu : un bon tiers de la ville est un no man’s land, une vraie ville fantôme où tout s’est arrêté en juillet 1974. Impressionnant ! Cette zone côtière est bardée de barricades et de barbelés, gardée par des militaires turcs. Difficile d’y pénétrer sans se faire arrêter. Et là, une des impressions les plus surréalistes qu’on puisse vivre : une ville morte où le temps s’est arrêté brutalement, il y a 33 ans. La végétation y pousse telles des herbes folles, plus rien n’a été entretenu ni nettoyé, plus personne n’a pénétré dans les maisons, appartements, commerces et hôtels. Il règne un silence de mort, à peine perturbé par les cris des oiseaux de passage.Les propriétaires et occupants de ces bâtiments ont dû fuir et n’ont jamais pu revenir sur leurs terres et dans leurs biens. Ils en sont privés depuis l’été 74 ! C’est comme si à Bruxelles, la commune d’Ixelles était barricadée, abandonnée, figée comme elle était il y a 33 ans, inoccupée et inaccessible. Tout simplement inimaginable ! Non, vous ne rêvez pas : ce n’est ni l’ancien régime soviétique, ni la Corée du Nord. Cela se passe au cœur de l’Union européenne, à Chypre, où un candidat à l’adhésion, la Turquie, a envahi une partie du territoire d’un Etat membre en toute illégalité en spoliant le droit de propriété, en bafouant les droits de l’homme, en débaptisant les noms des villes et villages, en pillant églises et cimetières chrétiens pour y construire un nationalisme tout à la gloire d’Atatürk. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Chypriotes grecs ont, malgré toutes ces vexations, décidé de privilégier la manière douce et pacifique de la négociation “pas par pas”, sans hausser le ton. Même si, à ce jour, la situation est plus complexe et inextricable que jamais.“Il est grand temps qu’une réelle prise de conscience secoue les autres membres de l’Union sur cette situation tout bonnement inacceptable”, nous confie un haut diplomate à Nicosie . “Il faut oser dire à la Turquie : nous ne vous parlons plus de négociations d’adhésion tant que vous n’avez pas réglé le cas de Chypre, en vous retirant militairement de l’île”. Varosha, ville fantôme, va-t-elle hanter les nuits des dirigeants de l’Union ?
Avant/Après - Varosha, cité balnéaire prisée, est inaccessible et sans vie. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même…
Situé à l’est du pays, Varosha, quartier moderne de la citadelle portuaire de Famagouste, est fermé à ses habitants. Pillée et livrée à l’abandon depuis trente-trois ans, la ville s’est endormie, intacte dans le cœur des Chypriotes. Vous pouvez vous rendre compte de la situation en comparant la différence entre ces deux clichés : avant l’été 1974, Varosha, station balnéaire recherchée avec ses hôtels internationaux et ses belles maisons, attirait la grande foule de mars à novembre. Aujourd’hui, c’est la désolation : tout est mort et abandonné, les maisons et hôtels pourrissent sur place, il règne un silence pesant entrecoupé ci et là par un cri d’oiseau, rien n’est entretenu, les seuls signes de vie sont les sentinelles de l’armée turque d’occupation. (Ph : Archives et B.P.)
Avant
Après

Chypre, nouveau membre de la francophonie
L’enseignement du français connaît un succès important pour des raisons historiques mais aussi grâce à une volonté politique qui pourrait déboucher, à terme, sur la solution de la question chypriote.
La république de Chypre, qui est devenue membre associé de l’AIF (l’Association internationale de la francophonie), a fêté dignement notre belle langue le 20 mars dernier, à l’occasion de la Journée de la francophonie. Toutes les classes ont reçu des affiches avec les noms des 68 membres de l’AIF écrits en grec, histoire de faire prendre conscience aux jeunes Chypriotes des valeurs véhiculées par la francophonie dans le monde.
Deuxième langue étrangère
Ainsi, le français est la 2e langue étrangère enseignée à Chypre. Dès la 1ere année secondaire, elle est obligatoire (depuis 1969), à raison de 2 périodes par semaine, pendant 4 ans. Pour les deux dernières années, les élèves ont le choix entre 7 langues et des modules de 2, 4 ou 6 périodes semaine. Là encore, le français représente 23 % des cours de langues choisis. Le programme Socratès (échange de professeurs et d’assistants de langues) rencontre un très beau succès : 90 % sont des Belges pour le français ! Depuis 2005, des bourses sont octroyées pour faire ses études universitaires en français. A l’université de Chypre, un département de français a été ouvert : il faut passer par une liste d’attente pour pouvoir s’y inscrire. De même, deux semestres sur le cursus universitaire total doivent comprendre un cours de langue à raison de 3h par semaine : le français arrive en tête devant l’anglais ! A quoi est dû cet engouement soudain pour le français ? Essentiellement à deux raisons.
1. une volonté politique : Yiorgos Lillikas, le ministre des Affaires étrangères est un francophile convaincu. Il fait énormément pour la promotion de la langue. Ainsi, c’est lui qui est l’initiative de la candidature de Chypre à la francophonie. Il soutient de nombreuses expos en français à Chypre (dont une très belle expo de photos d’Henri Cartier-Bresson qui a eu lieu en avril dernier). Il dispose de deux relais efficaces et très motivés : – Mme Niki Papa, inspectrice générale de français au sein du ministère de l’Education, qui a remarquablement préparé le dossier de la candidature à l’AIF et qui est la base du renouvellement des méthodes d’enseignement du français; – Monsieur Nicolas Macris, licencié en Sciences économiques et sociales de l’université de Louvain, ambassadeur à l’ONU pendant 15 ans et actuellement représentant personnel du président de la République au Conseil permanent de la francophonie. Avec l’appui de leur ministre, ils ont initié un programme pluriannuel de formation au français parmi l’encadrement de l’administration chypriote, en vue de la présidence de l’Union qui sera exercée par Chypre en 2012. Deux cents fonctionnaires, chargés des dossiers européens, seront formés avec l’aide de l’AIF, de la Belgique, de la France et du Grand Duché de Luxembourg.
2. une raison historique : Chypre est membre du Commonwealth mais il s’agit d’un choix qui lui a été imposé de force par l’ancien colonisateur. Cela a laissé beaucoup de traces négatives parmi l’élite intellectuelle (il y a toujours 2 bases militaires anglaises souveraines à Chypre, suscitant un réel malaise). Or, ici, le choix de la francophonie est un choix tout à fait libre, enthousiaste, qui fait quelque peu contrepoids au “tout à l’anglais”. Les Chypriotes rappellent aussi, subtilement, que, aujourd’hui, 14 membres de l’Union font partie de la Francophonie et que ce petit cercle pourrait leur être bien utile pour tisser des liens plus forts avec une série d’autres pays européens. Alors, la francophonie, futur acteur pour dénouer la question chypriote (le dernier plan Annan, rejeté, avait été imposé par les Anglais et Américains) ? La question n’est pas encore à l’ordre du jour mais elle pourrait être moins saugrenue qu’il n’y paraît : – la Belgique a un modèle de Constitution et d’Etat fédéral avec ses Communautés et Régions dont pourrait s’inspirer Chypre. – la France a une tradition diplomatique et des valeurs universelles largement partagées. Les liens d’amitié sont très forts entre les deux pays et la France exerce un réel attrait pour les Chypriotes. – l’AIF a montré, avec son président Diouf (à qui Jacques Chirac pourrait succéder), qu’elle était très habile pour démêler des crises en Afrique et rapprocher des opinions divergentes…
pratique: www.oif.org
BAUDOUIN PEETERS
Chiffres clés - 77 % de Chypriotes grecs, 37 % du territoire occupé - L’île fait 9 251 km2 (3 fois moins que la Belgique) et est située en Méditerranée orientale, au sud-est des côtes turques (à 75 km seulement) et au nord-ouest des côtes syriennes et libanaises. C’est un point géostratégique capital pour l’Union européenne. La capitale est Nicosie (Lefkosia) qui compte 206 500 habitants. - Chypre a adhéré à l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004 comme membre à part entière. L’acquis communautaire est suspendu dans la partie occupée. Chypre fera partie de la zone euro à partir du 1er janvier 2008. - 76,8 % des Chypriotes sont grecs et 78 % des terres de l’île leurs appartiennent. - 36,2 % du territoire est occupé illégalement par les troupes turques depuis l’invasion de juillet 1974 (voir carte p.8) . - 43000 soldats et 155000 colons anatoliens s’y sont installés. - 90000 Chypriotes turcs vivent dans le nord de l’île (dont 20 000 vivant avant 74 au sud, qui ont été encouragés à venir s’installer au nord pour avoir une base démographique pure), sur un total de 900000 habitants. -162000 chypriotes grecs ont du fuir le nord de l’île et se réfugier au sud et 1474 personnes ont été portées disparues suite à l’invasion. - Deux bases militaires britanniques souveraines (Akrotini et Dhekelia) sont toujours présentes sur le territoire de l’île : une résultante du partage des “belles-mères” (Turquie, Grèce, UK) en 1960. Elles représentent 2,7 % du territoire. - 900 casques bleus des Nations Unies sont en charge des “zones tampons”. Leur mandat est renouvelé tous les 6 mois. - La température en été oscille entre 27 à 34 °C (25°C dans l’eau). - Religions : grecque orthodoxe au sud, musulmane au nord. - Régime politique : république parlementaire. Le président de la République, élu en 2003, au suffrage universel pour une durée de 5 ans, est Tassos Papadopoulos. Les prochaines élections auront lieu en février 2008. - Le guide conseillé pour visiter le pays : Guide Evasion, paru chez Hachette, 14,50 €, écrit par Serge Bathendier. Fouillé et pratique.   Les constructions illégales poussent comme des champignons au nord de l’île sur des terres usurpées aux Chypriotes grecs. (Photos : B.P.) Kalimera Kypros !
Quatre mille ans d’histoire, des plages sauvages en bord de Méditerranée, un climat et un accueil enchanteurs. Chypre et ses merveilles vous attendent. Le berceau de la chrétienté, entre mythologie, vin et plages de rêve

Le nord de l’île est resté très sauvage, entre collines, plages désertes et villages typiques. Vingt-cinq mille Belges viennent visiter Chypre chaque année, ce qui est finalement assez peu. C’est dû aux mauvaises liaisons aériennes (seuls 2 vols directs par semaine entre Bruxelles et Larnaca) et à l’image de vacances “package” que représente Chypre. Les autorités chypriotes sont en discussion avancée avec Ryan Air pour une liaison directe Charleroi-Paphos (sud de l’île), ce qui serait une bonne nouvelle pour découvrir les merveilles de ce beau pays. La directrice de l’Office du tourisme, Mme Katsouri, a par ailleurs mis en place un plan de diversification de l’offre pour toucher les touristes avec du “sur mesure” et une communication plus ciblée marketing et Internet. – la route d’Aphrodite : itinéraire entre culture, nature et mythologie sur les lieux liés à la déesse de l’amour - la route des vins : la première AOC depuis le Moyen-Âge a été octroyée à un vin de Chypre, La Commanderie, que même les Plantagenêt (possédant pourtant les Bordeaux) affectionnaient particulièrement - route religieuse : Chypre fut le premier territoire à être christianisé par Saint-Paul (vu la proximité géographique avec la Palestine) en 44. Le pays regorge d’édifices religieux remarquables dont l’église Ayia Paraskévi, avec son plan basilical et ses 5 coupoles, et le monastère d’Ayios Néophytos et ses superbes fresques. Au sud de L'îleAu sud de l’île, de Limassol à Paphos, en s’arrêtant à Kolossi pour y voir le donjon de la commanderie des chevaliers de l’ordre des Hospitaliers (un des plus beaux souvenirs laissés à Chypre par les Francs), il ne faut pas manquer de nager à Petra tou Romiou, le lieu mythique où Aphrodite est sortie de la vague. La belle était séduisante à un point tel qu’elle fit tourner la tête à pas moins de 6 divinités… Poursuivez votre périple, entre visite de quelques remarquables édifices religieux du 13e et le site archéologique de Paphos où de récentes fouilles ont mis au jour de superbes mosaïques très bien conservées. A Larnaka, à deux pas de l’aéroport, nous vous recommandons de vous arrêter au bord du lac salé, où de nombreux flamants roses se reposent, pour visiter le “tékké” (monastère musulman en turc) Hala Sultan, véritable havre de paix et lieu de pèlerinage pour les musulmans : il abrite la sépulture d’un des premiers disciples du prophète Mahommet. Au nord de l’île Collines verdoyantes en balcon sur la mer, très joli port de Kyrénia qui était la destination favorite des habitants de Nicosie, longues plages sauvages dans la péninsule du Karpas… Ne pas voir le nord de l’île serait assurément une erreur. Nous nous abstiendrons cependant de vous renseigner des “bonnes adresses” étant donné que la république autoproclamée de Chypre du Nord n’est reconnue que par la seule Turquie et que la plupart des propriétés et terrains appartiennent aux Chypriotes grecs qui en sont privés. A 25 km de Nicosie, ne manquez pas l’abbaye de Bellapaïs, de style gothique, datant du 13e siècle et qui est un des plus beaux bâtiments légué par les Francs. A Famagouste, promenez vous dans la vieille ville sur les remparts avec une vue imprenable sur le port, sans oublier la fameuse cathédrale Saint-Nicolas, qui ressemble en bien des points à celle de Reims par le style, la grandeur mais aussi la destination puisque c’est là que les souverains de Chypre étaient sacrés Roi de Jérusalem. Elle est aujourd’hui devenue une mosquée. Une halte vivement recommandée est celle du site de Salamine qui ravira tous les amoureux de l’Antiquité, notamment pour ses fameuses colonnes redressées. Enfin, à la pointe la plus extrême de l’île, le monastère Saint-André, à front de mer, est l’un des derniers chrétiens (gothique du 15e) en activité. Le PNUD (programme des Nations Unies) tente de convaincre les Chypriotes turcs de les autoriser à rénover le site.
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