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Dès ce jeudi, le 88e Salon Auto-Moto prend ses quartiers au Heysel. Un hall entier sera réservé aux voitures 100 % électriques. Car, à l’instar de Londres ou des métropoles norvégiennes ou israéliennes, notre capitale rêve aussi de décongestion automobile et d’hyper-centre piétonnier.
Outre les nouveautés, ce salon bruxellois Auto-Moto 2010 présentera en première mondiale commerciale le modèle C Zéro de Citroën (5 500 véhicules déjà produits) développé avec MMC. Parfaitement silencieuse, cette citadine 100% électrique produit aussi… zéro litre de carburant et zéro émission de CO2. L’événement bisannuel dédiera également un hall d’exposition entier (Palais 11) à la révolution des technologies propres. Celle-ci sera notamment illustrée par de nombreuses démonstrations de véhicules électriques et scooters déjà commercialisés ou prêts à rallier les chaînes de montage. En sus, le chaland pourra les expérimenter sur piste d’essai, “côté passager”. Lorgnant vers d’autres métropoles du Vieux Continent – de Strasbourg à Stockholm –, Bruxelles veut aussi monter dans le train déjà en branle de la mobilité de demain, un marché porteur appelé à croître fortement dans les années à venir. Pour l’instant, elle s’en veut de n’applaudir qu’au bouclage tout juste parachevé du métro bruxellois ou de scruter 2016 pour voir enfin débouler le RER.
Se hâter lentement
Les caisses publiques, vidées ici comme ailleurs par les subprimes et débâcle financière d’après Lehman, ont en effet retardé ou gelé certains projets de voies de bus à contre-sens ou de mises en site propre des transports collectifs bruxellois, parallèles à la diminution de la part de bitume dévolue à l’autosolisme. Par exemple, les lignes 94 (Auderghem-Woluwe), 26 au boulevard Léopold III (Schaerbeek-Evere-Aéroport) ou la future desserte CCN-Tour Taxis. Singeant Lyon ou Paris, Bruxelles a aussi enfourché Villo pour augmenter la présence cycliste sur les rares itinéraires créés sur son relief plus contrasté. Jusqu’ici, 180 (sur 400) stations de location de vélos à ciel ouvert ont été implantées. L’exemple à suivre est voisin : les principales villes flamandes poussent leur avantage avec un plan-référence de mobilité électrique. Celui-ci entend injecter dès cette année des citadines silencieuses dans le trafic urbain, pour détecter très concrètement les problèmes pratiques d’insertion dans le flot conventionnel. Des bornes de recharge rapides et une politique de stationnement à prix cassé complètent le dispositif.
Le Salon de l’Auto et son show, on y va en métro ou en moto
 Les festivités de cette 88e édition se déroulent de ce jeudi 14 au dimanche 24 janvier compris. En semaine, les onze palais – plus le patio – ouvrent leurs portes au grand public de 10h à 20h et le week-end de 10h à 18h30. Nocturnes les 18 et 22 janvier jusqu’à 22h. Attention, ce jeudi 14 (à partir de 14h), Moto Day! Tous les motards se rendant au Salon en moto rentreront sans bourse délier. L’entrée est fixée à 10 € pour les adultes, 6,25 € pour les 6-12 ans et est gratuite pour les moins de 6 ans. En vente aux comptoirs info, le catalogue officiel (3 €) comporte plan pratique des palais, répertoire des exposants et renseignements sur tous les produits exposés. Un centre d’information a été installé à l’avant du Palais 5.
Du 14/01 au 24/01. Brussels Expo (Heysel), place de Belgique – 1020 Bruxelles. Métro : ligne 6 (direct depuis la Gare du Midi). Bus : 84 et 88. Tram : 3, 23 et 51. www.salonauto.be (e-billetterie) et www.bruexpo.be
 Outre les voitures électriques, les voitures gaspillant moins de CO2 comme la seat Ibiza Automotive “Greenline” gagnent des parts de marché.(Belga Ph. Benoît Doppagne)
En petit - Folie collective Tout le monde s’est mis à produire dans le segment véhicules électriques, du géant General Motors, miraculé de la loi Chapter 11 anti-faillite (avec la Chevy Volt, fin 2010) aux Asiatiques. Tous ont un prototype dans le pipe-line : l’iOn de Peugeot-Mitsubishi, l’i10 de Hyundai, l’iMiEV (Mitsubishi Motors), la Stella (Subaru), la Leaf (Nissan) et l’Ampera (Opel, en Belgique fin 2011-début 2012). Pas gourmande Fabriquée en Inde, commercialisée en Europe depuis 2003 et équipée le plus souvent de batteries au plomb, la Reva nécessite 8 h pour être rechargée à 100 %. Il en coûte 1 € aux 100 km, tarif de nuit ! Options possibles : radio-CD-MP3 avec ou sans Bluetooth (standard radio à courte portée élaboré par l’industrie des télécoms), intérieur cuir ou alcantara, air co, toit ouvrant... Opportunistes Aujourd’hui, il faut un garage pour recharger et parquer son électrique au chaud, en raison des moindres performancesdes batteries par basse tembérature. Le Mc Do de Maasmechelen a décidé d’accueillir la toute première borne de rechargement publique (Mc Charge). De son côté, le leader du marché de la distribution de carburants Total Belgium équipera bientôt une dizaine de ses stations-service, dès ce premier semestre, en zone urbaine : Bruxelles, Anvers et Namur.
Philippe Golard
Crash test à Schaerbeek
 Nous voilà partis en Reva, cette petite voiture électrique silencieuse, pour une promenade matinale dans le parc Josaphat enneigé et aux alentours, enchaînant parking et courses avec une facilité déconcertante. Bel outil pour une vie citadine !(Photos Bénédicte Maindiaux)
Bravant le verglas et les -4°C de ce matin hivernal d’après l’An neuf, les Rouletabille emmitouflés de La Tribune se sont glissés à l’intérieur d’une Reva. Cette électrique pure se faufile silencieusement partout, déjoue les bouchons, se gare dans un mouchoir de poche. Avec tout de même quelques points faibles. Ingénieur élevé au grain à l’Ecole polytechnique de Lausanne, Jacques de Selliers a bourlingué. Heureux possesseur d’une des trente électriques immatriculées en Belgique, ce Bruxellois a travaillé dans l’off-shore “et les marais africains” pour trouver du pétrole, puis dans la recherche scientifique “avant de prendre la direction technique pour un secteur du groupe Solvay”. On ne cesse alors de lui poser des questions sur le sujet fortement politisé et très controversé du couple environnement-santé. “L’idée m’est venue en 2001 de créer Green Facts, pour synthétiser l’état de la recherche à l’usage du grand public.” Ensuite, de Selliers quitte l’ONG bruxelloise pour rejoindre Green Mobil, important et distribuant la Reva au Benelux. “Quand j’ai rénové ma maison etterbeekoise il y a dix ans, je l’ai équipée de prises triphasées et monophasées en prévision. Ainsi je pourrais recharger ma future voiture électrique depuis mon garage. J’ai finalement acquis celle-ci en 2007, convaincu qu’il s’agit d’une des solutions majeures en matière de mobilité en milieu urbain. Un tel outil permet de lutter contre la pollution, le bruit et les bouleversements climatiques.»
Ciel, ma rallonge !
Emettant quatre fois moins de CO2 que les voitures conventionnelles les plus performantes, cette électrique pure est lilliputienne : 2,64 m de longueur et 1,32 m en largeur, tout habillée. Extrêmement maniable en raison de son rayon de braquage exceptionnel, pouvant transporter simultanément deux adultes et deux enfants (en se privant de coffre), cette urbaine doit pourtant être rechargée après 40 km en hiver “pour ceux qui ne conduisent pas de façon pépère” et une cinquantaine en été. En l’absence de bornes de rechargement publiques comme on en trouve sur certains trottoirs parisiens, cette courte autonomie, le confort spartiate et la dureté de la suspension sont les points faibles de cette automatique faite pour la ville. “J’ai d’ailleurs toujours ma rallonge avec moi pour éviter la panne électrique. Il m’est arrivé ainsi de faire passer celle-ci par une fenêtre, pour recharger.” Comme cette fois où Jacques avait décidé de faire de la plongée dans la plus profonde fosse-piscine du monde, à Uccle. “Ma femme avait oublié de recharger la veille. J’ai demandé à la caissière du Nemo 33 si je pouvais utiliser une de leurs prises. Cela provoque chaque fois un attroupement autour de la Reva. On papote, c’est sympa. La seule fois où cela m’a été refusé, c’est au Berlaymont. Ce n’était pas possible avec les portes coulissantes et la sécurité. Aujourd’hui, on se dispute à la maison pour savoir qui va prendre l’électrique pour la journée.”
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