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Bruxelles est le plus grand bassin d’emploi du pays,
mais les hauts salaires attirent aussi les navetteurs. Moins
d’un poste sur deux est occupé par un habitant de la capitale.
Bruxelles est une des régions les plus riches d’Europe, et de loin la plus riche des régions du pays. Du moins en terme de richesse produite, car un habitant sur cinq, sans travail, dépend de revenus de remplacement. Les 650 000 postes du plus grand bassin d’emploi belge ne profitent donc pas à ses habitants. Seuls 46 % des jobs sont occupés par locaux, contre 96% à Ostende ou Arlon. “Deux tiers des chômeurs n’ont pas leur diplôme de secondaire, mais expliquer le taux de navette élevé par le niveau de qualification trop bas des Bruxellois serait simpliste, affirme Stéphane Thys, directeur de l’Observatoire du Marché du Travail. Les Bruxellois ne sont pas plus mauvais, mais la concurrence est beaucoup plus accrue qu’ailleurs. Pour un poste de directeur, il y aura plus de candidats qu’au fin fond du Luxembourg ! Ici, on trouve les plus grosses sociétés et les plus gros salaires...” Et, ajoute le chercheur, une société à gros moyens fait sa sélection sur une plus grande aire géographique, contrairement à une PME, qui fait davantage appel aux travailleurs locaux. Dans cet univers concurrentiel, “la nécessité du bilinguisme handicape le Bruxellois. Mais encore une fois, par rapport à la main-d’oeuvre wallonne, il se débrouille pas mal !” Le contexte entraîne d’autres conséquences. “Avec l’intensité de la concurrence, on va voir apparaître davantage de phénomènes de discriminations, et deux victimes : les femmes et les Bruxellois d’origine étrangère” Les Bruxelloises d’origine non-européenne, elles, sont clairement sous-représentées dans le marché du travail, précise une étude de l’Observatoire.
Horeca très bruxellois Une sociologue de l’ULB a analysé les dossiers de candidatures de demandeurs d’emploi d’origine étrangère. Nouria Ouali a découvert de nombreux cas de traitement inégal. “Et la grande majorité des travailleurs d’origine marocaine ou turque est gratifiée d’un emploi à bas salaire, constate-t-elle avec son collègue de la KUL, Albert Martens. En général, les Bruxellois sont d’ailleurs sur-représentés dans certains secteurs. “Là où c’est impératif d’habiter à quelques kilomètres, en raison d’horaires flexibles. Comme dans les soins de santé, l’Horeca, le commerce, détaille Stéphane Thys. Et cela concerne autant des emplois qualifiés que non qualifiés.” Les navetteurs, qui sont parfois d’anciens Bruxellois ayant fui la pollution citadine et les loyers trop élevés des habitations familiales, semblent donc se réserver certains domaines. Ils sont majoritaires dans l’énergie, les banques, le transport et la communication, 45% dans l’administration publique… Rééquilibrer le taux des Bruxellois dans l’administration est d’ailleurs l’un des objectifs du Contrat pour l’emploi, qui vise à réduire le chômage à Bruxelles (voir page 7). “Mener une politique préférentielle à l’égard des Bruxellois serait illégal, indique Françoise Impens, du cabinet de la secrétaire d’État à la Fonction publique. Cela dit, nous sommes conscients de la situation, et en train d’y réfléchir.Il existe déjà des relations avec l’Orbem. Nous nous demandons aussi si la façon dont sont réalisés les tests de recrutement du Selor n’entraînent pas des discriminations…” Dans les entreprises publiques autonomes (Poste, Belgacom, SNCB) et l’administration fédérale, la représentation des Bruxellois est également faible, estiment les ministres signataires du Contrat. “Cela ne résulte pas d’un désintérêt, mais les Bruxellois s’en sortent avec un succès moindre aux épreuves de sélection”, précisent-ils. Des modules de formation adaptés aux tests devraient donc être lancés. Mais certains parastataux sont aussi de gros pourvoyeurs de jobs. Ainsi, 73,3 % des employés à Bruxelles-Propreté sont bruxellois. “C’est loin d’être un hasard, indique André Jacques, DRH. Depuis 1993, nous travaillons en collaboration avec l’Orbem et les missions locales. Sur nos 1900 employés, 574 sont des jeunes moins qualifiés. Ils occupent des postes de main d’oeuvre lourde, mais nous formons aussi nos chauffeurs, contrôleurs… Nous engageons environ une centaine de personnes par an. Et dans le cadre du Contrat d’emploi, nous allons sans doute pouvoir encore engager…” Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.
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PRATIQUE
Les Missions locales pour l’emploi ■ Les Missions locales entendent être un carrefour d’informations en matière d’emploi et de formation. En partenariat avec l’Orbem, Bruxelles-Formation, les communes ou les CPAS, elles peuvent orienter vers une recherche d’emploi et/ou de formation, préparer à l’entretien d’embauche, aider à la rédaction d’un CV… La Région de Bruxelles-Capitale compte huit missions locales, dont l’accès n’est pas réservé aux habitants de la commune dans laquelle se trouve la Mission. ■ Mission locale d’Ixelles place du Champ deMars, 4 (3e et 4e étages) 1050 Bruxelles 02/5157740 www.emploi-ixelles.be ■ Antenne de la Mission locale d’Ixelles place Eugène Flagey, 33 1050 Bruxelles 02/6500740 ■ Mission locale anderlechtoise rue Ropsy-Chaudron, 7 1070 Bruxelles 02/5550560 ■ Mission locale de Bruxelles-Ville Boulevard Émile Jacqmain, 50 1000 Bruxelles 02/2198071 ■ Mission etterbeekoise pour l’Emploi et la Formation Chaussée de Wavre, 5061040 Bruxelles 02/6261540 ■ Mission locale de Forest Boulevard de la e Armée britannique, 29 1190 Bruxelles 02/3498210 ■ Mission locale pour l’emploi et la formation de Schaerbeek Rue de Jérusalem, 46 1030 Bruxelles 02/215 74 36
Orbem ■ L’Office régional bruxellois de l’Emploi met en relation les demandeurs d’emploi et les employeurs de la Région de Bruxelles-Capitale Pour les employeurs: CV de candidats potentiels, offres d’emploi, sélection du personnel… Pour les chercheurs: offres d’emploi et CV en ligne. ■ Boulevard Anspach, 65 1000 Bruxelles 02/5051411 - 5057777 www.orbem.be
Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles ■ La Chambre de commerce et d’industrie (CCIB) défend l’intérêt des entreprises auprès des pouvoirs publics, mais conseille aussi les directeurs de sociétés, petites ou grandes, et soutient la création d’entreprises. À la même adresse, on trouve également l’Union des entreprises de Bruxelles. ■ Avenue Louise, 500 1050 Ixelles 02/6485002 www.ccib.be
Brussels Coaching ■ Le coaching est un accompagnement professionnel personnalisé, sous forme d’entretiens individuels. Les coachs conseillent, guident et forment les chercheurs d’emploi et les étudiants souhaitant (r)entrer dans la vie professionnelle. Les modules de formation abordent les techniques d’entrevue, la rédaction de lettres de motivation, le relookage de CV, les techniques de présentation verbales et non verbales… ■ Avenue J. Wybran, 40 1070 Anderlecht 02/5295858 www.brusselscoaching.be
Bruxelles Formation ■ Cet organisme public francophone se charge de la formation des demandeurs d’emploi et des travailleurs dans les domaines les plus variés (voir ci-contre). ■ Rue de Stalle, 67 1180 Bruxelles 02/3717300 www.bruxellesformation.be
Ace ■ Cette asbl brabançonne regroupe des chercheurs d’emploi. Elle tente principalement d’élargir et de partager les réseaux des membres pour faciliter l’entrée dans le monde de l’entreprise ■ Drève du Moulin, 17 1410 Waterloo www.acemploi-be.com 02/354 62 95 Le
Contrat pour l’Économie et l’Emploi ■ Le “C2E”, adopté début mars par le gouvernement bruxellois, l’Union des classes moyennes, l’Union des entreprises et les syndicats, vise deux buts. Le premier est de réduire le taux de chômage des Bruxellois et le second d’assurer le développement économique de la ville. En pratique, les signataires ont relevé 27 chantiers. Entre autres : faciliter l’accès aux offres d’emploi, développer les aides aux entreprises, la formation, lutter contre les discriminations, rééquilibrer le taux de Bruxellois dans les administrations.
Jobs de vacances ■ Vous êtes étudiant et à la recherche d’un boulot ou d’un stage pour les vacancesd’été 2005? Faites parvenir profil et photo au courriel tremplin@saipm.com, TBX publiera votre annonce gratuitement.
Soirée de réflexion sur la discrimination à l’embauche ■ Pour certaines personnes, le nom ou la couleur semblent être un obstacle important dans leur recherche d’emploi. Quelle est l’ampleur de ce phénomène? Les sociologues Nouria Ouali et Albert Martens (voir page 6) apporteront un éclairage sur la question, basé sur leurs recherches récentes. ■ 29 avril à 20h00, Maison de Quartier Navez, rue Navez 43, 1030 Schaerbeek. 02/2169173
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