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Au sud de la baie de San Francisco se trouve le pôle par excellence des industries de pointe.
Un couple de jeunes Bruxellois est parti y monter sa boîte. Rencontre.
Au sud de la baie de San Francisco, c’est LE pôle des industries de pointe. On y retrouve le siège de la plupart des géants du Net : Google, Facebook, eBay, Electronic Arts, Yahoo… Si l’on veut percer dans ce domaine, le passage est parfois obligé. C’était le cas pour PubliTweet. Rencontre avec Xavier Damman, son fondateur, qui décrit le fonctionnement de cette vallée mythique.
Quel est l’intérêt de développer sa start-up à San Francisco, plutôt qu’à Bruxelles ou ailleurs ? Notre “core business” étant lié à Twitter, implanté dans la Silicon Valley, il était impératif d’être basé sur place. Mais le climat de travail est aussi très différent de celui de Bruxelles, ou même de Londres, où j’ai également travaillé.
Dans quelle mesure ? Il y a un écosystème qui fait que c’est très facile de s’intégrer dans ce microcosme. C’est ce que j’appelle le “forward payback”. Il y a toujours quelqu’un sur qui on peut compter, qui vous aide, quel que soit son niveau de réussite professionnelle. Des grands patrons prennent le temps de coacher les jeunes, de leur expliquer comment résoudre des problèmes. Et d’une manière ou d’une autre, ils se disent que vous le leur rendrez bien un jour… C’est une collaboration qu’on retrouve plus difficilement en Belgique. Pourtant cette mentalité est géniale. C’est même, selon moi, une clé de la réussite qui ne coûte pas grand-chose et qui motive à entreprendre !
Il y a pourtant aussi certaines difficultés à s’implanter là-bas ? Le plus difficile, c’est d’obtenir sa carte verte. Et puis, quand on est étranger, ce n’est pas facile d’obtenir son premier client.
Comment décririez-vous San Francisco ? C’est vraiment une ville d’entrepreneurs. Et la moyenne d’âge de ceux-ci est très jeune. Elle est aussi très cosmopolite. Il y a énormément d’étrangers. On dit souvent que c’est la ville la plus européenne des USA, et ça se sent vraiment. On trouve beaucoup de cafés indépendants, plutôt que des chaînes. Et dans n’importe quel café, il y a toujours du wi-fi, des laptops ouverts et des prises qui permettent de se connecter. Ça fait partie du système. Beaucoup de jeunes start-ups sont SDF. C’est donc normal d’aller travailler au café. Et puis, c’est aussi motivant de voir d’autres entrepreneurs dans le même cas, sans bureau, de parler avec eux, d’échanger, tout simplement !
Beaucoup de start-ups se lancent là-bas, mais combien sont-elles à percer? Il est vrai que très peu percent : on parle de 10%. Mais ici, l’échec est fondamental, il fait partie de l’apprentissage, du succès et de la réussite. Et puis, une société, même si elle échoue, a de grandes chances d’être rachetée par un grand groupe, soit pour le projet, soit pour les ingénieurs qui y travaillent. Ici, il y a un véritable marché des start-ups, qu’on est loin de retrouver en Belgique.
 De la belle San Francisco, Xavier dit : “C’est vraiment une ville d’entrepreneurs. Et la moyenne d’âge de ceux-ci est très jeune. Elle est aussi très cosmopolite. Il y a énormément d’étrangers. On dit souvent que c’est la ville la plus européenne des USA, et ça se sent vraiment. On trouve beaucoup de cafés indépendants, plutôt que des chaînes. Et dans n’importe quel café, il y a toujours du Wi-Fi, des laptops ouverts et des prises qui permettent de se connecter.”(DR)
"Ici, le futur a plus d’importance que le passé"
Caroline Sedda et Xavier Damman sont partis à San Francisco pour lancer leur start-up. Quelques impressions de la vie sur place...
A part le boulot, qu’est-ce qui vous attirait auxUSA ?
Rien de spécial. Si la Silicon Valley avait été en Asie, nous serions partis là-bas.
Est-ce facile de trouver un logement ?
Pas super facile. C’est assez cher. On paie 1 100 dollars par mois pour une chambre en colocation.
Quelles sont les activités que vous faites qu’on ne trouve pas en Belgique ?
Aller à des conférences, des “meetups” avec d’autres start-ups sur des sujets de l’industrie du Web.
Que vous manque-t-il de Bruxelles, de la Belgique ?
La bière, la famille et les amis.
Que manque-t-il à Bruxelles que vous avez découvert là-bas ?
Des restaurants, des bars comme ici, où l’on peut travailler, rencontrer des entrepreneurs, partager son expérience…
A-t-il été facile de s’intégrer socialement ?
Très. Les Américains sont très accueillants, même si très superficiels.
Avez-vous été confrontés à de grandes différences culturelles ? Lesquelles ?
Notre culture donne plus d’importance au passé qu’au futur. Ici, c’est l’inverse. Le futur domine. Ils n’hésitent pas à détruire une maison pour en reconstruire une nouvelle, en mieux. En Europe, on fait attention au patrimoine. Chez nous, on a des historiens ; ici, ils ont des entrepreneurs.
Comptez-vous rentrer un jour à Bruxelles ?
Oui. Parce que c’est là d’où nous venons et que tout homme aspire toujours à être utile et servir sa communauté. Ce n’est qu’un passage, nécessaire, d’apprentissage, d’ouverture d’esprit et d’épanouissement.
Laure d’oultremont
PubliTweet, le relais de Twitter et des médias La page d’accueil du site de PubliTweet.Lancé en avril 2008 à Bruxelles, PubliTweet est une plate-forme internet qui permet de rassembler l’information “intéressante” publiée sur Twitter et de la diffuser sur des sites médias tels Le Monde ou le San Francisco Chronicle.Nous avons commencé avec le “Twitter des politiques belges”, lors des élections régionales, explique Xavier Damman, l’un des jeunes fondateurs de la start-up. Le projet s’appelait alors TweeTag, c’était plutôt une activité secondaire. Nous étions trois à y participer, tous avec un job à temps plein. D’autres médias nous ont copiés, ce fut un grand succès. J’ai ensuite décidé de déménager à San Francisco, en juillet 2009, pour développer ce projet. Il était en effet indispensable d’être situé au cœur du business lié à Twitter, dans la Silicon Valley.” (Voir interview ci-contre.) Pour les non-initiés, Twitter est une plate-forme qui permet de partager ou de découvrir ce qui se passe partout dans le monde, quel que soit le sujet. Ce site permet à n’importe qui, stars, pointure du show-biz, hommes politiques ou commun des mortels de publier de courts textes en ligne, accessibles à tous. Bien sûr, tout ce contenu n’est pas toujours digne d’intérêt. “Je dirais qu’il y a 1% qui mérite qu’on y prête attention. Le problème, c’est que la majorité des gens n’ont pas accès à Twitter. Et puis, il faut savoir que lire, et comment. C’est là qu’intervient PubliTweet, qui trie et fait office de relais entre l’information à diffuser et les lecteurs. Celle que nous publions peut être classée en deux catégories : l’une permanente, qui n’est pas liée à l’actualité “chaude”. Par exemple, du people, du politique. La seconde est vraiment liée à l’actualité: le sommet de Copenhague, le tremblement de terre à Tahiti…” “Entreprendre, c’est une prise de risque”Xavier Damman et Caroline Sedda ont faitle pari de lancer ce projet. A seulement 26 ans, Xavier, ingénieur en sciences informatiques, a déjà un sérieux back-ground en la matière. Et il n’en est pas à sa première start-up. C’est lui qui avait fondé, entre autres, le magazine Tribal, destiné aux 15-25 ans et distribué en Belgique à 30 000 exemplaires. Le monde des médias, il connaît donc… Quand à Caroline Sedda, la product manager de PubliTweet, après des études à la Solvay Business School, elle s’est spécialisée dans les médias online et l’e-commerce. Jusqu’ici, la société est composée de cinq personnes et financée par les médias. “Ce n’est pas encore rentable, continue Xavier avec enthousiasme, mais entreprendre, c’est une prise de risque ! ” Le concept est monétisé à travers des “tweets” sponsorisés. “Par exemple, lors des élections, une des télévisions belges avait acheté un tweet pour annoncer un débat qui avait lieu en direct. C’est un format en temps réel qui est plus original, plus innovant.” Aujourd’hui, PubliTweet a toujours quelques clients en Europe, et le San Francisco Chronicle, l’un des dix quotidiens les plus distribués aux USA, vient de signer un contrat avec la jeune start-up d’origine belge. www.publitweet.com
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