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Dossier


Planète foot à l'échauffement

Planète foot à l’échauffement C’est le tout premier Mondial organisé sur le sol africain. Trente jours de folie pour Matonge, le plus grand quartier black d’Europe. Les dieux du foot y régneront, comme un peu partout à Bruxelles.

Dès ce vendredi, un mois durant, le Mondial rythmera la vie ici-bas. Dans Bruxelles cosmopolite, la bière va couler à flot. Postes télé et web vont rythmer chants et vociférations des supporters. Pari tenu : certains soirs, les concerts de klaxons frénétiques satureront assurément l’espace public, chaussée de Haecht comme Porte de Namur. Un pan de notre capitale, particulièrement, risque la fièvre : Matonge, réplique bruxelloise du quartier éponyme de Kin (RDC).

Depuis sa création en 1928, le Mondial déboule en effet pour la première fois sur le continent Afrique. Matonge entend bien raviver ses folles soirées de l’Africa Cup d’octobre 2008. Bars et cafés – tels Chez Doudou, Le Président – salles-tv style Maison africaine des étudiants d’ébène, restos QG des chichi chacha branchés, salons de coiffure entre Toison d’Or, chaussée de Wavre et Saint-Boni mobiliseront massivement réseau satellitaire et pixels. Parfois, le poste télé investira impunément une chaise à même le trottoir, pour faire mieux vibrer la rue aux exploits des frères.

On dansera ailleurs

Comme par le passé, Bruxelles-Ville voudrait gâter ses jeunes pour l’occasion, avec un écran géant ici ou là. Palais du Midi ? N-o-H ? Rien n’est finalisé à ce stade. Ailleurs dans la capitale, on scrutera la moindre prestation des stades sud-africains. Ce sera notamment le cas de la clientèle volontaire de La Tourelle dressant sa tour entre Ulb et place Flagey depuis près d’un siècle. Originaire de Toscane, la famille di Lucci s’est installée aux commandes de cette brasserie bruxelloise depuis vingt ans.
Temple des spaghettis à la Ugo Tognazzi – vedette de la série La Cage aux folles et auteur d’un livre de cuisine-souvenirs autour du film La Grande Bouffe –, l’établissement affiche des tas de pâtes colorées. Des vertes, des noires, des rouges et mêmes des bleues, au curaçao. “Elles sont toutes fabriquées par un artisan de Venise”, note Silvio di Lucci. Ici, on dévore autant cette cucina inventive qu’on commente passionnément tout ce qui tourne autour du ballon rond.

Aficionados du Jabulani

Co-patron de l’endroit, Bruno di Lucci s’affiche “depuis toujours” supporter de l’Inter Milan, bruyant vainqueur de la Champion’s League en mai dernier. Au quotidien, La Tourelle accueille monde sportif et gens de télévision, profs, étudiants, public familial et forcenés du foot. “Depuis plusieurs Mondial, explique Silvio, on a installé ici deux écrans HD 4 x 5 pour suivre l’intégralité des matchs, l’un à l’étage dans une salle fumoir où l’on peut aussi boire, l’autre dans le restaurant. On ne va pas désemplir pendant un mois.”
Sans rire, Silvio évoque l’une ou l’autre retransmission Rtbf… en direct depuis La Tourelle. Au micro : Marc Delire, pilier du département sports de la Rtbf. “Ce serait au milieu d’une chaude ambiance et de spectateurs avertis”, relève di Lucci. Après tout, les deux “fratelli” disent fièrement nourrir à la fois palais et opinions sportives de gens comme Olivier Doll (Lokeren), le T1 mauve Ariël Jacobs, Frédéric Wasseige (fils de l’ancien coach des Diables), le consultant Benoît Thans (Week-end sportif). Ces aficionados du Jabulani, nom du cuir retenu pour ce Mondial 2010, ont cannibalisé jusqu’au site web de l’établissement ! Un des onglets invite à débattre aussi en ligne de ce Mondial et d’une éventuelle désignation du ticket belgo-néerlandais pour organiser 2018.

Depuis sa création en 1928, le Mondial déboule pour la première fois sur le continent Afrique. Matonge entend bien raviver ses folles soirées de l’Africa Cup d’octobre 2008. (Ph. Bénédicte Maindiaux)

en bref

19e édition africaine

A moins de revenir d’un long périple sur Mars ou d’une autre galaxie, plus personne ne l’ignore : après Asie (2002) et Allemagne (2006), le Mondial en 2010 change de continent et campe au pays de Mandela et du zoulou blanc Johnny Clegg. Totalisant 8 groupes de 4 équipes chacun, la compétition s’y déroulera de ce vendredi 11 juin au 11 juillet. Plus que trois fois dormir.
La première phase court jusqu’au 25/6; chacun y jouera la gagne : décrocher l’une des deux premières places qualificatives par groupe pour se hisser en huitièmes (26-29/6). Les quarts et demis occuperont début juillet, par éliminations directes. Les plus marris disputeront la “petite” finale 3e-4e, le samedi 10 juillet au stade Nelson Mandela Bay (Port Elizabeth). Parmi les 32 élus, deux nations écriront l’histoire de la vraie finale, le lendemain dimanche 11, au stade Soccer City de Johannesburg.

Des Belges au Mondial 2010

Après une piteuse campagne sous l’ère Vandereycken, les Diables rouges n’iront donc pas en Afrique du Sud. Et pourtant des Belges seront bien de la grand-messe footballistique ; on veut parler du trio arbitral qui affichera nos couleurs en terre africaine : Frank De Bleeckere (43), Peter Hermans et Walter Vromans. Internationalement apprécié, l’arbitre audenardois a déjà ainsi sifflé quatre matchs lors du Mondial 2006 dont un huitième et un quart. Comme tous les autres, notre ref a une chance d’arbitrer l’entame (Afrique du Sud-Mexique) ou la finale. Tous nos vœux.

Rtbf : f comme fête

es pharmacies risquent de faire fortune en s’occupant d’une clientèle – pas seulement féminine – souffrant d’indigestion téléphage contrainte. Le service public se frotte aussi les pognes : Reyers retransmettra en direct l’intégralité de la compétition (64 rencontres). C’est par exemple deux fois plus de temps d’antenne que TF1, alors que les… Bleus sont, eux, du voyage. Même s’ils ne le doivent qu’à une vilaine main victorieuse de l’expérimenté Thierry Henry, assist décisif pour s’assurer du but qualificatif.
Encadrées par les magazines “Cap Africa” et “Africa Mag”, les retransmissions Rtbf (La 1, La 2 et web) ne souffriront d’aucun décalage horaire. Le bol : souvent baptisée Etats-Unis d’Afrique, située dans un autre hémisphère que notre Vieux Continent, la patrie des Boers n’en partage pas moins la même montre que Bruxelles, Paris ou Amsterdam... l‘été venu. Par contre, assurément pas de juteux “top topicals” noir-jaune-rouge (pubs créées spécifiquement pour un événement) sur les antennes rtbéennes : juste pour rappel, les Diables n’en sont pas.


Philippe Golard

Anderlecht version 2013
Les Mauves ont décidé de “foncer”. Fin mars dernier, le président du club Roger Vanden Stock et son staff ont présenté leur nouveau futur temple du foot à ériger sur l’ancien.

Idéalement, les Mauves et leurs supporters devraient disposer de leur nouveau joujou à 50 millions € pour la saison 2013. (DR)

Tant qu’à construire un nouveau stade national, il fut tout un temps question d’ériger un outil commun à l’équipe nationale et aux Mauves, habitués ces dernières années des compétitions européennes (Ligue des Champions, Coupe UEFA). La pratique est courante ailleurs en Europe. “Mais bon, notre proposition de construire un stade à Neerpede, de l’autre côté du ring mais encore sur Anderlecht, n’a finalement jamais trouvé d’écho réellement favorable dans le monde politique”, explique Herman Van Holsbeeck, manager général du RSCA.
Depuis, les Mauves ont décidé “de foncer.” Fin mars dernier, le président du club Roger Vanden Stock et son staff ont présenté leur nouveau futur temple du foot, ultramoderne, gagné sur les anciennes installations dépassées du parc Astrid. Le permis de bâtir a été introduit dans les premiers jours de ce mois de juin. “On doit désormais attendre 350 jours maximum avant sa délivrance. Notre projet signé par le bureau Jaspers : hausser une troisième couronne et couvrir d’une toiture transparente, pour porter notre stade à 30 000 places, toutes assises pour être aux normes européennes.”
Bientôt désigné, l’entrepreneur ou l’association momentanée (Besix ? CFE ?, …) démolira aussi la salle Simonet, pour reconstruire un nouveau hall sportif non loin, sur une partie du parking de l’hôpital voisin (Bracops).
“Idéalement, les travaux débuteraient en juin 2011, calcule Herman Van Holsbeeck. Menés tambour battant, cela durerait 8 mois. Il faudrait trouver une solution pour jouer ailleurs pendant 4 mois environ. Le plus logique serait d’aller au stade duHeysel pour les matchs à domicile, même s’il n’y pas de loges. Il faudra installer des tentes VIP.”
Les Mauves devraient disposer de leur nouveau joujou à 50 millions € pour la saison 2013.

Stade national : bac de béton

L’actuel stade roi Baudouin, un outil ringard (Ph. B. Maindiaux)

Un bac de béton à valeur immobilière nulle. Voilà ce qu’est le stade roi Baudouin, cinq ans seulement après l’organisation de l’Euro 2000 en partenariat avec les Pays-Bas”. Début 2006, effilée comme un couperet, la sentence fuse de la bouche de Guy Vanhengel. Le Ministre du budget bruxellois (au Fédéral depuis) s’en revenait alors d’une visite comparative : stades de France et de Berlin, mythique lieu des exploits de Jesse Owens (4 médailles d’or). Joujou multifonctionnel à 407 millions €, le premier a été bâti en 31 mois en plaine Saint-Denis pour le Mondial 1998. Générant jusqu’à 100 millions €/an, en abritant aussi concerts, opéras, superproductions, etc.
Rien de tout cela à Bruxelles. Rebaptisé pour faire oublier les 39 morts (et 600 blessés) de l’euro-finale Juventus-Liverpool (1985), l’outil sportif du Heysel a été rénové pour l’Euro 2000. “Un emplâtre sur une jambe de bois”, estime aujourd’hui Bertin Mampaka, échevin des Sports de Bruxelles-Ville. Avec son administration et son cabinet rapproché, celui-ci a réussi “en trois mois” à boucler le dossier d’une nouvelle pelouse drainée pour les Diables rouges. Et un nouvel anneau athlétique sur le modèle des JO de Pékin, inauguré à l’été 2009 par la superstar jamaïcaine Usain Bolt.
Il n’empêche : en l’état actuel, même si Robbie Williams ou Hallyday y ont “performé” -et bientôt U2 si Bono récupère du dos-, l’ex-Heysel… coûte, lui, beaucoup d’argent à la ville, propriétaire des lieux. Pour y organiser la moindre rencontre internationale, on devrait -entre autres- rehausser les 50 000 sièges, grillager, renforcer confort (loges Vip) et sécurité. Quant à accueillir les matches d’un hypothétique Mondial 2018, il faudrait tout simplement raser le “roi Baudouin”, pour en rebâtir un tout nouveau.

Le Mondial sur écrans géants

En fanfare et suivi d’animations dans un lieu regorgeant de cafés, le match d’ouverture du Mondial 2010 Afrique du Sud-Mexique ce 11 juin sera retransmis sur life screening de 16 à 18h place du Luxembourg. L’organisateur – l’Ambassade d’Afrique du Sud (02 285 44 27 – M. Thivhilaeli Makatu ; www.southafrica.be) - a obtenu toutes les autorisations d’occupation et de mouvements de foule (évidemment pacifiques) de la commune d’Ixelles.
Itou à… Bozar (rue Ravenstein, 23 – 1000 Bruxelles). L’institution culturelle retransmettra d’ailleurs tous les matchs jusqu’à la finale du 11/7 !
Le Portugal est également choyé à Ixelles, comptant notamment une importante communauté lisboète. Un écran géant sera installé place Flagey. Et l’on pourra notamment assister le 25/6 au match Portugal-Brésil, assorti d’une grande fête du sport et de musiques envoûtantes de 10 à 22h. Rens. : Association de la promotion de la Culture portugaise à Bruxelles, 0485 898 409. Pour éviter toute déconvenue, il est quand même prudent de se renseigner au préalable.
Ailleurs dans la capitale, il sera par exemple possible de regarder l’intégralité du Mondial 2010 dans un lieu spécialement dédié (5 écrans, terrasse de 200 m² et bars divers) à l’Espace53, voisin de l’Autoworld (Esplanade du Cinquantenaire).






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