logo tbx La Tribune de Bruxelles

Dossier


Un week-end Couleur Café

Ah ! Couleur Café, ses allées exotiques, ses échoppes de créateurs, son allée des saveurs, les crêpes de "Comme ma grand-mère", les mojitos, le sable, les palmiers, les spectacles de rue et la musique venue des quatre coins du monde. S’il y a bien un festival qui rassemble toutes sortes de cultures, tous types de public et un maximum de styles musicaux différents, c’est bien Couleur Café. Et une fois n’est pas coutume, Bruxelles – et plus particulièrement le site de Tour & Taxis – va se transformer en lieu de fête durant trois jours lors du dernier week-end de juin, les 25, 26 et 27 juin.

Le retour de Suprême NTM !
Affiche étonnante pour cette 21e édition avec des artistes de renommées internationales tels que Nas & Damian Marley, Snoop Dogg, Wax Tailor ou encore Rodrigo y Gabriela. Mais également des grands noms du rap français avec Féfé et Suprême NTM, bien trop absents de la scène depuis quelques années. Mais aussi la Française Diam’s, Baloji, le tout neuf Ben l’Oncle Soul, la fraîche révélation franco-marocaine Hindi Zahra et l’exotique Olivia Ruiz. Des artistes africains bien entendu avec la rumba congolaise de Papa Wemba, des sons venus tout droit de Côte d’Ivoire avec Manou Gallo ou encore l’afrobeat malien de Salif Keita. Et puis trois scènes comme chaque année, les chapiteaux Univers et Fiesta et la scène en plein air, Titan. Promenez-vous sur le site afin de profiter des spectacles de rue itinérants tout au long du festival. Percussions, danses, échasses, jongleries,… suivez la musique, les saltimbanques ne sont pas loin ! Un festival familial, idéal pour tous où la gratuité pour les jeunes enfants est de mise.

Wanted : une tradition
Comme chaque année, six artistes sont sélectionnés pour la scène Wanted, qui permet à de jeunes artistes de venir jouer sur de grosses scènes dans un véritable festival. Fanfare, Roots, Reggae, hip hop, soul, jazz, funk,… L’affiche Wanted sera, cette année, totalement à l’image du festival. Avec la Fanfare du Belgistan, qui transforme rythmes jazz, balkans, marocains, autrichiens, ce qui donne un résultat très bruxellois. Le Belge Fredy Massamba, Congolais d’origine, n’est pas novice dans le monde de la musique puisqu’il a déjà collaboré avec Zap Mama, Manou Gallo ou encore The Roots. Il y présentera son second album, Ethnophony, un mélange de hip hop, de funk et de rythmes africains. Du hip hop bruxellois cette fois avec Scylla. Un autre groupe bruxellois, La Chiva Gantiva, viendra nous présenter son rock ‘n roll aux rythmes colombiens. Vous pourrez y découvrir également la soul-jazz de 1060. Et enfin le roots reggae sera présent avec Rootman J and the Zionyouth Crew. Petit plus pour cette édition 2010, Primitiv, prévu initialement à l’affiche de l’édition 2009 de Wanted, viendra faire une séance de rattrapage. En effet, le Human Beatboxer n’avait pas pu jouer l’an passé pour des raisons de changement d’heure. Grande nouveauté cette année : Couleur Café TV vous fait découvrir les artistes Wanted sur le site internet du festival.

Et l’écologie dans tout ça ?
C’est une évidence, le festival Couleur Café s’est toujours voulu à portée écologique, à but humanitaire et a toujours prôné le commerce équitable – même avant que celui-ci devienne à la mode ! Le tri des poubelles, les gobelets recyclables, les ampoules économiques, le covoiturage, les transports en commun gratuits… Couleur Café met tout en œuvre pour nuire le moins possible à l’écologie. Les expositions annuelles de Couleur Café sont, elles aussi, porteuses de messages humanitaires. Celle de l’édition 2010 est claire : “The Rich & The poor” (Les riches & les pauvres). Dans cette lignée, les ONG ont toujours eu une place privilégiée sur le site du festival, ayant la possibilité de parler des problématiques des pays du Sud. C’est pourquoi, depuis 2005, elles sont regroupées dans un village qui, chaque année, aborde un thème bien précis. Sous le titre “Stop Poverty”, le Solidarity Village entend lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté. Le coût de la dette, les préjugés liés à la pauvreté, les économies parallèles seront les différents sujets abordés tout au long du festival. Le Solidarity Village vous démontrera que la pauvreté n’est pas un problème attribué uniquement aux pays du Sud. Quelque 79 millions d’Européens vivent en dessous du seuil de pauvreté, un Belge sur sept est considéré comme pauvre. Avec des faits aussi proches de nous, Couleur Café donne ainsi l’occasion aux festivaliers de changer leur regard sur la pauvreté.


MAÏLYS CHARLIER


En ouverture de Couleur Café, le 25 juin : Rodrigo et Gabriela et leurs guitares.(Ph. Koria)

Olivia Ruiz, une miss Météores écolo

Sur scène, Olivia Ruiz est portée par sa musique... Rendez-vous avec elle le dimanche 27 juin. (Ph. Olivier Pirard)

Pas la peine de présenter Olivia Ruiz, la femme chocolat est connue et reconnue. Elle était il y a peu au festival Un Soir Autour du Monde, dans les ruines de Villers-la-Ville. La demoiselle a livré un show impeccable malgré le froid qui l’engourdissait. Olivia y présentait son troisième opus “Miss Météores”, album qu’elle présentera également au festival Couleur Café le dimanche 27 juin. Un miroir géant pivotant, des cages, des fleurs et un décor purement baroque, la tournée Miss Météores est à l’image d’Olivia, piquante et enflammée. La miss Météores revient sur cette tournée et nous parle de ses projets.

Qui est vraiment Olivia Ruiz ?
Je pense que je suis tout à la fois. Miss météores c’est d’abord une poupée, qui a été réalisée par une artiste belge, Peggy V. Même si cette poupée est plus ou moins à mon effigie, je crois que chaque disque correspond à des préoccupations, des intérêts, des choses qui font partie d’un moment précis de la vie. Un album c’est comme une photo d’un moment de notre vie. Je suis encore un peu la petite punkette de “J’aime pas l’amour”, la jeune fille essentiellement rigolote de “La femme chocolat” et celle plus torturée et lucide de “Miss Météores”.

Vos DVD et CD live viennent de sortir…
Oui, je suis très contente du résultat. Le concert a été enregistré au Zénith de Nantes. Ça m’a donné l’occasion de revoir mon premier live chocolat show. Je suis assez fière parce que je trouve que j’ai bien travaillé.

Vous voyez une évolution ?
L’évolution est assez radicale. En regardant les deux live à quelques jours d’intervalle, je me suis rendue compte que j’avais vraiment petit à petit effacé plein de complexes, que je me libérais de plus en plus. Du coup, le spectacle gagnait vraiment en fluidité, donc je suis vraiment très contente du résultat de Miss Météores live.

Quels complexes aviez-vous ?
C’est tout à fait normal de ne pas être pleinement libérée sur scène. Ce n’est pas naturel pour un être humain de s’exhiber devant 1 000 ou 10 000 personnes. Je pense que j’ai gagné en aisance sur scène parce que je connais de mieux en mieux mon métier au fur et à mesure que je l’exerce.

Vous vous attendiez à ces Victoires de la musique ?
Non quand on va aux Victoires, on est déjà content d’être là et on ne s’attend à rien. C’était du coup encore plus émouvant d’avoir cette belle surprise-là.

Où puisez-vous vos idées pour les décors de cette tournée ?
Je travaille avec Nicolas Maisonneuve, qui est concepteur des décors. C’était un vrai travail d’équipes. Il a amené les cages, le miroir pivotant. Je voulais avoir une balançoire et pousser le côté baroque, style Almodovar.

Allez vous collaborer à nouveau avec Mathias Malzieu pour votre prochain album ou le prochain album de Dionysos ?
Je n’en sais rien du tout. Et Mathias non plus, à mon avis. On n’est pas encore du tout sur nos prochains disques ni l’un ni l’autre. C’est à l’instinct aussi, on ne se pose pas trop ce genre de questions. Ce sont des choses qui viennent naturellement. Il y aura évidemment des occasions de travailler ensemble. Je vais faire la voix de mon personnage dans le dessin animé de “La Mécanique du Cœur” que Mathias est en train de réaliser. Je reprends mon personnage de Flamme à Lunettes. Tous les intervenants du disque vont interpréter les voix de leurs personnages dans ce dessin animé, qui sortira fin 2011.

Vous aimez particulièrement des festivals comme Couleur Café ?
Forcément. C’est quelque chose qui participe à l’émotion du concert. Moi qui suis très portée sur l’écologie et l’humanitaire. C’est forcément quelque chose qui donne une aura particulière au concert.



Rodrigo et Gabriela pour l’amour de la guitare


Rodrigo y Gabriela, ce sont deux Mexicains qui font de la musique ensemble depuis plus de 15 ans. C’est la guitare qui les a réunis et qui continue de les unir au fil des années. Trois ans après leur dernier album, ils reviennent avec “11:11”, un opus entièrement dédié aux musiciens qui les ont influencés. Rodrigo y Gabriela présenteront ce dernier opus en ouverture du festival Couleur Café, le vendredi 25 juin.

Vous n’utilisez jamais de chants dans vos chansons ?
Nous n’avons pas de règles. Peut-être que nous pourrions le faire pour le prochain album. Et puis c’est ce qui rend unique notre projet aussi. Ce qui compte, pour nous, c’est de faire découvrir la guitare à différents niveaux à un public le plus large possible. Sur scène, on utilise différentes techniques pour que ça sonne rock, pour faire autant de bruit qu’un groupe avec basse et batterie.

Est-ce que vous utilisez d’autres instruments que la guitare ?
Non, pas vraiment. Parfois, j’utilise des percussions mais la plupart du temps, je n’utilise que la guitare. C’est l’instrument que je connais le mieux. Il vaut mieux se concentrer sur ce que tu sais faire de meilleur. C’était naturel de faire un groupe uniquement composé de guitares. C’était un heureux accident et les gens ont aimé ça. On cherche chaque fois d’autres façons de jouer de la guitare, de la faire sonner différemment.

Sur cet album, vous avez inclu une guitare électrique pour la première fois…
Oui, on a inclu une seule guitare électrique qui est jouée par Alex Skolnick pour le morceau “Atman”. Pour les autres morceaux, on a juste rajouté des effets sur nos guitares acoustiques car Gabriela et moi ne jouons pas de la guitare électrique. On aurait pu en rajouter plusieurs mais on a préféré rester prudent pour cet album-ci.

Cet album est dédié à Jimi Hendrix, Santana, Pink Floyd…
Tous les artistes à qui on a dédié des morceaux sont des artistes qui nous ont influencés d’une manière ou d’une autre. On trouvait aussi que c’était une manière originale de faire connaître ces artistes-là à nos fans.

Vous jouez ensemble depuis plus de 15 ans. Comment gardez-vous votre inspiration après autant d’années ?
Depuis le début, on s’amuse beaucoup ensemble. Je ne sais pas pourquoi ça ne s’est jamais arrêté. Mais, pour moi, jouer de la musique est aussi une contribution à la société. C’est la responsabilité de l’artiste de faire de son mieux, de donner le meilleur de lui-même.

Vous serez pour la première fois sur la scène de Couleur Café…
Quand nous sommes venus il y a un mois à Forest National, on nous a expliqué quelle sorte de festival c’était. Ça semble génial. Il ressort du lot de nombreux gros festivals. Ça va nous changer de jouer en plein cœur de la ville et pas dans des champs au milieu de nulle part. Il y a très peu d’endroits dans le monde avec une affiche aussi éclectique et métissée. C’est peu courant pour nous de jouer sur la même scène et le même jour que Phoenix et Slipknot, par exemple.

« Homepage