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Dossier


Rénover sans se planter

Redonner du lustre à une vieille maison, la tâche n’est pas simple. Pourtant de nombreux Bruxellois y sont confrontés.

Ce n’est pas un scoop. La rénovation a la cote dans le coeur des Bruxellois. Sur les 11 premiers mois de 2004, on dénombrait 2114 rénovations de logements autorisées dans la Région. Ce chiffre est significatif quand on sait qu’il ne s’élevait qu’à 1498 en 2003. Et qu’il doit être majoré, puisque nombre de rénovations se font sans permis et ne sont donc pas comptabilisées. C’est dire… Cet engouement s’explique évidemment par le manque de terrains vierges à prix raisonnables dans la capitale (lire p.16) : acheter une maison paraît plus abordable. Sans compter que la rénovation permet de phaser les travaux, une donnée avantageuse pour gérer son budget. Mais, si l’achat d’une maison à retaper apparaît a priori, moins onéreux, il ne faut pas se leurrer. La rénovation est un long parcours du combattant. Première étape importante : le choix du bien à rénover. Certains bâtiments présentent en effet des vices qui peuvent gangrener la suite des opérations. “Des fissures dans les murs, des tâches d’humidité au bas des corniches sont des signes qui ne trompent pas”, explique un architecte. L’idéal est donc de faire visiter l’objet de sa convoitise par un expert qui pointera les problèmes.

Pas toujours de permis
Une fois l’acte d’achat posé, le processus de rénovation commence. Un permis d’urbanisme n’est cependant pas toujours nécessaire. Certains travaux “de minime importance” en sont dispensés en Région bruxelloise depuis 2003. C’est le cas pour une installation électrique ou sanitaire, pour une transformation intérieure n’impliquant ni problème de stabilité, ni changement de destination et de volume, ou encore pour le placement d’une fenêtre en toiture. Par contre, il est vivement conseillé de demander l’aide d’un architecte dès le début de la mission. Il a une vue d’ensemble du projet et permet, à terme, des économies. Il fera le relevé de la maison, c’est-à-dire son mesurage, puis établira les plans et assurera le suivi du chantier. A commencer par les démolitions. “Il y a une règle d’or en matière de rénovation, précise l’architecte interrogé. Il ne faut pas faire d’économies de bouts de chandelle… Rien ne sert, par exemple, de garder un morceau de plafonnage sous prétexte qu’il est encore bon. Il vaut mieux tout enlever et recommencer.” Lors des démolitions, il faut aussi être attentif à la structure. “Il peut arriver qu’on abatte par mégarde un élément porteur. Mieux vaut mettre des renforts pour éviter les catastrophes.” La rénovation commence réellement, après ces démolitions, par le remplacement des équipements et, éventuellement de la toiture, l’implantation des cloisons, la réalisation de la chape, etc. “Cela n’est pas habituel mais, moi, je conseille de recourir à un géomètre. Il peut placer les cloisons conformément au plan, même si les murs ne sont pas droits. Cela évite les erreurs et les autres corps de métier gagneront du temps… Pour la rénovation d’un appartement, il faut compter un surcoût de 1000€”, précise l’architecte.

Pas facile à coordonner
Les corps de métiers qui interviennent lors de la rénovation travaillent soit indépendamment, soit pour le compte d’une entreprise générale qui orchestre le tout. “L’entreprise générale est plus chère mais elle organise le chantier. C’est l’horreur de coordonner soi-même tous les corps de métier”, souligne l’architecte. Pour choisir son entreprise, il est intéressant de demander, sur base du cahier des charges et des plans, un devis à plusieurs sociétés. Et il est conseillé de choisir, non pas la moins chère, mais celle qui propose le meilleur rapport qualité- prix… En moyenne, une rénovation lourde reviendra à environ 600 à 800€/ m2. Un coût qui peut être adouci en retroussant soi-même ses manches….

Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.


FANNY BOUVRY

Rénover pratique

Le plombier
■ Des prix : pour une installation de chauffage et sanitaire basique (fourniture et pose), en rénovation, il faut compter 150€/m².
■Un conseil : sur chantier, demander chaque jour, au plombier, s’il a coupé l’eau, sous peine d’inondations.

L’électricien
■ Des prix : pour une installation électrique basique, en rénovation, on prévoit 50€/m². ■Un conseil : vérifier si l’installation existante est assez puissante pour supporter de nouveaux appareils. Il faut aussi veiller à ce que l’électricien place les raccordements de télécommunications au bon endroit, en fonction de vos besoins.

Le menuisier
■ Des prix : le coût est fonction du bois, et la main d’oeuvre s’estime entre 30 et 40€/h. ■Un conseil : vérifier de manière attentive la finition de vos meubles après restauration.

Le charpentier
■ Des prix : pour une charpente en sapin, compter de 870 à 1200€/m³. En chêne, ce coût est doublé.
■Un conseil : en cas d’infiltration, consulter directement un charpentier.
A long terme, l’eau pourrait avoir raison de la solidité de la construction.

Le chapiste
■ Des prix : on évalue à environ 12 à 15€/m², la réalisation d’une chape, main d’oeuvre comprise.
■Un conseil : contrôler l’horizontalité de la chape pour éviter tout problème lors de la pose du revêtement de sol.

Le carreleur
■ Des prix : il faut compter 10-15€/m² pour un carrelage standard, soit 40€/m² pose comprise. Mais ce prix peut être multiplié par dix, en fonction du modèle choisi (marbre, pierre bleue…)
■Un conseil : lors de la pose, protéger les arêtes du carrelage pour éviter les coins brisés.

Le parqueteur
■ Des prix : la fourniture et la pose d’un parquet de qualité moyenne reviennent à environ 100€/m².
■Un conseil : s’assurer que le support est bien sec avant de poser le parquet. Sinon, les lattes se soulèveront et les dégâts seront irréparables.

Le nettoyeur de façade
■ Des prix : compter un minimum de 50€/m². Un coût dépend de la qualité de la rénovation demandée.
■Un conseil : nettoyer la façade tous les 8 ans. Après ce délai, elle commencera sérieusement à se détériorer.

Le ferronnier
■ Des prix : la rénovation d’une cage d’escalier coûte environ 2500€, celle d’une rampe, 1500€. Ces prix varient en fonction de la taille des travaux.
■Un conseil : en rénovation, les murs ne sont pas toujours d’équerre. Il faut en tenir compte lors de la réalisation d’un ouvrage en atelier.

Le peintre
■ Des prix : pour un mur déjà plafonné, la mise en peinture revient de 10 à 12€/m².
■Un conseil : éviter toute manipulation près d’un mur qui vient d’être peint. En cas de coup, la totalité du mur devra être refaite.

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