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Woo

Cuisine : snack/cantine
Cette semaine, embardée dans un endroit où les critiques culinaires ne vont pas. Probablement la peur de se tacher le ventre à la sauce cocktail. Les restos à pita – eux aussi – méritent leurs étoiles.

Les frites, les kebabs, les pitas, les mitraillettes… quoi de commun ? Cette nourriture populaire partage le sort infamant de figurer sur la liste des réprouvés de la bouffe, des laissés pour compte de l’assiette. Elle évite la déprime en se dopant au grand nombre. De fait, nombreux sont les amateurs accros à ce fast-food de basse extraction.
Si l’on regarde les choses en face, il y a beaucoup d’hypocrisie du côté des critiques gastro à faire comme si tout cela n’existait pas. Cette nourriture venue de la rue est un peu ce que le street art est à l’art contemporain, un cauchemar dangereusement démocratique. Personne d’assez fou pour aller mettre les mains dans le cambouis – dans la graisse – d’une dimension bien réelle du panorama food d’une ville. Pourquoi s’intéresser à la street food quand on peut déjeuner au homard le derrière bordé de nouilles ? La critique culinaire serait-elle de droite ? N’empêche, il y aurait tout intérêt à aller fourrer son nez au cœur de cette tambouille. Critiquer döner et pitas pourrait en relever le niveau et surtout aurait pour incidence de mettre en valeur le talent de ceux qui travaillent bien. Ils existent. Nous avons pu les rencontrer lors de soirées où le ventre réclame à corps et à cri ces amis de la gueule de bois…

Franchement bon !

Ce long détour pour un autre, celui-ci à Waterloo – “Woo” en langage SMS. C’est là que s’est ouvert un restaurant à pitas qui signe une avancée du genre. Pour mémoire, on avait en tête ces cantines où les pitas étaient servies de façon peu hygiénique dans des paniers en osier accompagnés de pots à sauce en forme de nids à bactéries. L’époque semble définitivement révolue avec Woo, une étroite cantine urbaine signée par Benoît Sauvage du Parc Savoy. Déco branchouille seventies et grande toile représentant Obama, l’endroit se présente comme un plan anticrise avec des salades (de 9 à 12 euros), des pâtes (de 7 à 8 euros) et, of course, des pitas (de 5,50 à 6,50 euros). Du coup, pour une sortie en famille, on en redemande. Résultat des courses ? Une bonne surprise pour une restauration sur le pouce. Le choc vient de la viande qui goûte – c’est quasi incroyable – vraiment le mouton. On a eu tellement droit à des versions expurgées qu’on n’en est toujours pas revenu.
Pour 6 euros, on a choisi la Chèvre avec fromage ad hoc, miel d’acacia et pommes. Franchement bon surtout la fin dans laquelle était concentré tout le fromage. Face à moi, les énormes pennes jambon-fromage-crème ont fait un heureux. Quoi de plus ? Le coup de génie de sauces servies dans des sortes de biberons en plastique hyper clean. Sans oublier, une bouteille d’Oveja Negra 2007 (22 euros) – cabernet et syrah – qui ne se prend pas la tête. A l’image de ce cool endroit au service mignon et sympa. Cher Woo, pensez à nous faire des bébés… Ouvert de 12h à 15h et de 19h à 23h, fermé samedi midi. www.pitta-woo.be

Wasabi
Woo (***)
Chaussée de Bruxelles, 206
1410 Waterloo
02/354 58 06