|
Take Five
Cuisine :
world food
Cette semaine, virée en Brabant wallon, direction le Take Five.
Entre esthétique lounge et carte world food, l’adresse agit
comme une machine à remonter le temps. Bienvenue dans les années 90 !
On s’en souvient bien, des années 90… vu qu’on est né à la critique gastronomique à ce moment-là. Il faut planter le décor. Juste avant, les années 80 avait signé un méchant repli sur soi. Avec la vivacité d’une huître et l’intensité d’une moule, on avait foncé tête baissé dans une mouvance qui portait le nom de cocooning. A deux sous la couette, on réinventait le monde devant la télévision. C’est à peine si on mettait le nez dehors pour aller promener le chien. On traversait la vie en survêtement de sport – même qu’on disait “sweet-shirt” plutôt que “sweat-shirt”, c’est dire si on était naïfs. L’existence n’était certes pas héroïque, mais c’était l’air du temps.
Et puis, alors qu’on n’avait rien demandé à personne, les années 90 ont débarqué. “On va vous redonner le goût de sortir”, nous ont-elles juré. Pour ce faire, elles ont mis la gomme : des restos grands, beaux et forts où on n’allait plus s’ennuyer. Ecoute chérie, y z’ont mis la compile à Claude Challe… Autant dire qu’on a plongé à deux pieds dedans. Allant parfois jusqu’à encenser quelques bouses sur assiette sous prétexte que les sièges étaient dessinés par Philippe Starck. Si l’on ne regrette rien – rien de rien, Edith – pour autant on n’est pas fier non plus.
Retour du refoulé
Du coup, quand un resto nous remet ça sous le nez aujourd’hui, on n’est pas forcément ravi. C’est le cas du Take Five, qui décline une lounge atmosphère d’une autre époque. Lumières qui changent – mais si, une fois bleu, une fois rouge, une fois verte… – et mobilier “design”, pincez-moi je rêve. Cela dit, pas de mauvaise foi, ce n’est pas parce qu’on a devant les yeux tout ce que l’on renie que l’adresse est à jeter à la poubelle. Malheureusement, ça se gâte, vu que l’accueil a la main sur le portefeuille plutôt que sur le cœur.
Pas très chaleureux, tout ça.
Côté carte, ce sont les cuisines du monde qui sont à l’honneur – particulièrement la thaïe et la japonaise. En entrée, go pour cette dernière, avec l’assiette sushi à 15 €. Bof. Forcément bof. Le sushi mérite mieux que cette approche désinvolte. A ce moment-ci du repas, on pressent le maelstrom. Heureusement, on tente un plat thaï pour continuer. Quelle bonne idée ! Le chef, que l’on voit œuvrer en cuisine, vient de Thaïlande. Il envoie un wok de bœuf piquant (18 €) franchement super bon.
Dans la foulée, on taille une bavette avec lui. Trop sympa. On relève la tête, la soirée n’est pas perdue, d’autant que le moelleux au chocolat (7 €) est tout à fait correct. Il s’en est fallu d’un cheveu pour que l’on s’enfonce dans une déprime post-nineties… Merci qui ? Merci chef
Ouvert du mardi au samedi, de 12h à 14h30 et de 19h à 22h30 (23h le vendredi et
le samedi).
Wasavi
Take Five (***)
Place Communale, 5
1380 Lasne
02/652 44 09
|