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Frédéric Jannin

Frédéric Jannin

Jannin et lui

Quand il était jeune et insouciant, Jannin s’est lancé dans des aventures qui furent des succès. Un peu moins jeune mais toujours insouciant, il pioche dans la manne, en sort des CD, des DVD, tout en se lançant de nouveaux défis.


Frédéric Jannin commence à “baliser”. Le printemps annonce l’été qui annonce les vacances qui veulent dire farniente. Jannin déteste ne rien faire, il n’aime rien tant qu’avoir des projets sur lesquels réfléchir, des planches à rendre, des contacts à prendre… Bref, des tas de trucs qui l’occupent, qui lui font dire qu’il n’y arrivera jamais alors qu’il sait pertinemment (cela fait près de cinquante ans qu’il se connaît) qu’il y parviendra. “Pour l’instant, j’en fais beaucoup trop. Comme ça sent la fin de saison, je suis pris de frénésie. Heureusement, je vais être occupé cet été puisque je dois livrer les planches pour le deuxième album de “Que du bonheur”, qui raconte les péripéties que peut vivre une famille éclatée”, explique-t-il, satisfait. Le premier opus de cette nouvelle série a su séduire un public attaché auparavant à Germain mais pas seulement puisqu’il aborde ici la vie de parents séparés et de “kets” qui pourraient très bien être les enfants de l’ado cool des années 80. Les familles éclatées, c’est un sujet qui lui tient à coeur. Lui a deux garçons qui ont une demi-soeur… Ceci n’expliquant pas tout à fait cela, Jannin avait proposé au magazine “Spirou” d’aborder ce “phénomène” à travers une bande dessinée, il y a 14 ans. Sujet confidentiel lui avait- on répondu alors à l’époque…

Les Snuls de référence
Précurseur, Monsieur Jannin ? Il semblerait bien. Prenons les Snuls par exemple. Ce groupe, constitué en 1989 rassemblait au départ Frédéric Jannin, Nicolas Fransolet, Kristiaan Debusscher, Stefan Liberski et Serge Honorez. Il a créé un genre d’humour qui, quinze ans après, fait toujours mouche. “Les Snuls sont devenus une référence pour des jeunes d’aujourd’hui qui n’étaient que des gamins à notre “grande” époque. Ça fait du bien de penser ça !” “On courait dans tellement de directions… Imaginez, même lesMonthy Python nous ont copiés… 20 ans avant nous”, argumente-t-il pince-sans-rire ! Se regrouper à nouveau pour tenter un come-back? Aucun d’entre eux ne l’envisage sérieusement. “Chacun a sa vie, d’autres activités. La période Snuls est devenue une référence, on n’a pas envie d’en rajouter”, élude Jannin.

Rempli de moteurs
Et l’on continue avec Zinno, ce groupe fondé en 1985 avec Jean-Pierre Hautier (“Un copain de toujours…”) en plein boom du phénomène “sampling”. “On a essayé pour s’amuser de produire quelque chose qui tournait autour de “My name is Bond, James Bond”. Ça a été un succès phénoménal en Europe : on était souvent invités dans les émissions de télé françaises, c’était inouï !”, se souvient Fred Jannin comme si c’était un bon tour de chenapan. Il y eut aussi les Bowlings Balls, un groupe de rock presque virtuel et qui grimpa dans les charts ! Aujourd’hui encore Jannin s’éclate. “Je suis dans une période où je m’amuse ! J’ai l’impression d’être rempli de petits moteurs lancés il y a un bout de temps et qui tournent toujours à plein régime, avec facilité”. Alors il profite de son statut de célibataire pour sortir, fait des rencontres de toutes sortes, voit “Stef” (Liberski), son Laurel et Hardy à lui. “Moi, j’ai toujours l’impression d’être un débutant qui aime comme un fou ce qu’il fait… Il n’y a rien de plus désastreux qu’un professionnel de l’humour !”

Mon petit Proust

Le principal trait de mon caractère :
Je fais trop de tout.

La qualité que je préfère chez les hommes:
La gentillesse. “Le monde devrait remercier cette étonnante cohorte de gens qui font toujours preuve d’une insolente et illogique gentillesse”, signé Hélène Thomas.

La qualité que je préfère chez les femmes :
La douceur pointée d’ironie.

Mon principal défaut:
Je suis mortel.

Ma principale qualité :
Je suis mortel aussi.

Mon rêve de bonheur:
Faire la part entre le vrai et le rêve.

Ma devise :
De toute façon, dans deux minutes, vous aurez tout oublié…

Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.



E.W.

● 1956. Frédéric Jannin naît à Uccle le 4 décembre. 

● 1977. Création de la série BD “Germain et Nous”.

● 1989. Formation des Snuls (Canal + Belgique.). 

● 1995. “Jaadtoly” (C+). 

● 2004. “Twin Fliks” (Be TV) 

● 2005. Nouvelle série BD “Que du bonheur” (Casterman)
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