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Bernard Yerlès, toujours prêt
Entre Belgique et France, entre fiction et planches, Bernard Yerlès aime se partager, fidèle à la boulimie de travail qui ne l’a jamais quitté depuis ses débuts. Une présence permanente qui n’empêche pas l’acteur bruxellois de garder un certain équilibre. Et une disponibilité presque rare.
Aujourd’hui, la tendance, c’est que le cinéma, la télé et même le théâtre veulent créer leurs propres écuries d’acteurs. Or, moi, je me force à faire l’inverse : rester libre et éviter les étiquettes. Seul m’importe le plaisir de jouer !” Vingt-cinq ans que Bernard Yerlès essaie de brouiller les cartes. Mais il le reconnaît volontiers, c’est surtout grâce à la télé que le grand public l’a découvert. La faute pourtant à un homme de… cinéma, Claude Berri, qui, venu un jour le voir jouer Marie Tudor, songea à lui en 1993 pour camper le rôle principal du film Germinal. Un rôle finalement dévolu au chanteur Renaud. “A partir de cet épisode, ma trajectoire aurait pu être différente, c’est vrai. Mais Berri, que j’ai rencontré plusieurs fois, m’a néanmoins présenté à un autre cinéaste, Patrice Chéreau, qui préparait à cette époque La Reine Margot. Et là aussi, cela s’est joué de peu et c’est Vincent Perez qui a décroché la timbale ! Mais c’est à ce moment que les directeurs de casting parisiens se sont intéressés à moi, et que les rôles en télé se sont multipliés. Presque par hasard, finalement !”
Emporté par la télé
Débarquant malgré lui sur un épisode de Nestor Burma aux côtés de Guy Marchand, notre cousin éloigné du cinéma n’allait plus jamais arrêter de tourner pour le petit écran. “Et j’en suis fier. Même si je regrette que la télé ait parfois la mémoire trop courte.” Des séries Sud Lointain aux Duettistes, du Miroir de l’eau à Merci les enfants vont bien, en passant par Rose et Val et une ribambelle de téléfilms comme Le Fantôme de mon ex ou Une ombre derrière la porte, l’acteur a multiplié les premiers rôles pour la petite lucarne, qui a fait de notre compatriote l’un de ses acteurs les plus demandés et les mieux rémunérés de l’Hexagone. Et si paradoxalement, ce succès en télé l’avait éloigné de son vieux rêve, le cinéma ? “Peut-être. Ceci dit, je n’ai pas un tempérament de frustré. Mais en effet, quand on détient la carte de la télé, on n’a pas celle du cinéma. Même si de nos jours la grande majorité des comédiens ne font plus la différence entre les deux. Pourquoi fais-je autant de télé ? Simplement parce qu’elle m’offre des projets qui m’intéressent, m’amusent et me portent. ” Comme récemment, la série de Marc Uyttendaele, A tort ou à raison, qui lui a permis de tourner à deux pas de chez lui. Ou Mes amis, mes amours, mes emmerdes (actuellement diffusée par la RTBF et TF1), pour son esprit choral. Et à peine vient-il de camper un flic bourlingueur pour une nouvelle série (Affaires étrangères) qu’il s’apprête à tourner pour France 3 dans Malevil, nouvelle adaptation d’un roman apocalyptique de Robert Merle.
Fier de sa capitale
Au fait, a-t-il un jour pensé au déménagement ? “Ce n’est plus d’actu depuis que j’ai épousé une Niçoise (NDLR : l’actrice Laetitia Reva), qui est devenue plus Bruxelloise que moi ! Puis, le Thalys a rapproché Bruxelles de Paris. Et j’aime trop notre capitale, où culturellement il se passe énormément de choses, et où humainement il y a beaucoup de gens à rencontrer. Il en va donc de mon équilibre. Il faut aussi reconnaître que Paris a un côté saoulant. Mes collègues français eux-mêmes l’affirment tout le temps !” On notera encore qu’en janvier, Yerlès fera un crochet sur les planches pour une mise en scène. Mais, comme pour beaucoup de comédiens hommes, qui sait si le meilleur ne reste pas encore à venir ? “Mon rêve caché serait de jouer un personnage historique. Sur lequel je pourrais faire un travail façon Marion Cotillard dans La Môme .”
En bref
Une actu Du 12 janvier au 6 février 2010, Bernard Yerlès mettra en scène 84, Charing Cross Road au Théâtre du Méridien à Watermael-Boitsfort, avec Laetitia Reva et Philippe Bombled. Cette adaptation de Serge Hazanavicius est tirée d’un livre devenu culte aux Etats-Unis, déjà adapté une première fois au cinéma. www.theatredumerdien.be
Un lieu S’il n’avait été acteur, Bernard Yerlès reconnaît que le métier de restaurateur lui aurait bien plu. Suivons donc les conseils de ce fin gourmet : il aime se rendre au Café des Spores, spécialisé dans les champignons et les vins espagnols. Chaussée d’Alsemberg 103 – 1060 Saint-Gilles. www.cafedesspores.be
Des rencontres Habitant Auderghem, Bernard est souvent happé dans les environs. “Cela fait toujours plaisir. Quand je fais mes courses, ceux qui m’arrêtent sont ceux qui m’ont vu la veille à la télé. Mais dans un musée, c’est plutôt le public qui m’a vu au théâtre. Il y aurait à ce sujet une enquête sociologique très intéressante à faire !”
David Hainaut
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1961: Naissance à Bruxelles.
1984: Arrivée au Théâtre Varia, dont il devient l’un des piliers jusqu’en 1992.
1991: Apparition dans Toto Le Héros. Au cinéma, il reviendra entre autres dans La Vache et le Président, Laisse tes mains sur mes hanches, Tout pour plaire ou Michou d’Auber.
1993: Débuts en télé dans Nestor Burma.
2000: Série Les Duettistes, pour laquelle il reçoit un Prix d’interprétation au Festival de Saint-Tropez.
2003: Première mise en scène au Théâtre du Méridien, avec L’Amour existe.
2004: Carton avec Rose et Val sur TF1.
2009: Il tient l’un des quatre rôles principaux de A tort ou à raison. |