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Jérémie Renier, acteur qui monte
L’acteur bruxellois s’apprête à vivre une année 2010 plutôt chargée. Avec une implication qui reste totale.
Quinze ans après avoir été Igor, l’apprenti mécanicien de “La Promesse”, Jérémie Renier a parcouru un chemin considérable. Actuellement tête d’affiche de la comédie “Pièce montée” aux côtés de Clémence Poésy, Jean-Pierre Marielle et Danielle Darrieux – excusez du peu –, l’acteur a du pain sur la planche. Actuellement plus lourd de quinze kilos pour les besoins d’un film sur l’affaire Flactif – un fait divers sanglant en France – qu’il s’apprête à tourner avec Julie Depardieu, l’acteur enchaînera presque directement par le tournage de “Philibert”, une comédie médiévale écrite par les auteurs très inspirés d’“OSS 117”. Et, cerise sur le gâteau, pour la fin de l’année, l’acteur se glissera dans la peau de Claude François. Ni plus ni moins !
Le physique de l’emploi
Beaucoup de sollicitations donc, mais une grande lucidité qui persiste, alors qu’il n’est même pas encore trentenaire. “Je ne voudrais pas que les louanges me polluent. J’essaie juste de faire des films utiles et d’en tourner aussi de distrayants, d’aller en profondeur. Mais je fais de vrais choix et, à chaque fois, j’y vais à 100 %.” Quinze kilos de plus que son poids normal pour l’instant, quinze de moins pour son rôle dans “Le Silence de Lorna”, Jérémie n’hésite jamais à s’impliquer physiquement pour son métier. Ce serait même sa force. “Cela fait effectivement partie de ma méthode de travail. Quand je prends les traits d’un personnage, je tiens à m’impliquer physiquement, davantage que psychologiquement. Bien sûr que le mental m’intéresse, mais depuis toujours j’ai besoin de m’exprimer à travers le corps. J’aime savoir comment faire bouger mes personnages. ” Renier est aussi un homme de défis. Même s’il ne maîtrisait pas l’anglais il y a quelques années encore, son agent l’a envoyé à Londres passer des castings, tout juste après le succès de “L’Enfant”. Bingo ! L’acteur se fait remarquer et les propositions internationales arrivent. “Je n’ai pourtant aucun plan de carrière, mais c’est vrai que l’apprentissage de l’anglais m’a offert un plus indéniable. Grâce à cela, j’ai pu jouer un skinhead dans “In Bruges” aux côtés de Colin Farrell, et surtout un vigneron dans “The Vintner’s Luck” de la Néo-Zélandaise Niki Caro. Des expériences très enrichissantes.”
La marque Dardenne
Du septième art, Jérémie Renier apprécie tout : le jeu, la réalisation, mais aussi l’écriture. A son actif, on rappellera un court métrage ("L’Ile Dieu"), un docu-fiction sur son grand-père et même un long métrage sur le feu. Sur le cinéma des Dardenne, ses deux pères spirituels, il est intarissable: “Leur cinéma est un moteur de recherche. Ils sont fabuleux à observer. Jamais de conflits entre eux, ni de prise de pouvoir. Ils échangent les rôles sans savoir besoin de se concerter. Ils ont été conçus pour travailler ensemble. ” On a déjà hâte d’imaginer leur quatrième collaboration commune…
A SUIVRE - Bientôt Cloclo !
Six ans après Benoît Poelvoorde dans “Podium”, Jérémie sera donc le deuxième acteur belge à prendre les traits de Claude François, décédé en 1978. Mais plutôt que d’une parodie, il s’agira cette fois d’un biopic, signé Florent Emilio Siri (“Otage”, avec Bruce Willis) et soutenu par les deux fils du chanteur. Dans ce projet, il sera question du phénomène engendré par le chanteur le plus pailleté de tous les temps, mais aussi de sa personnalité complexe, de sa vie privée tumultueuse et des mystérieux projets qu’il envisageait après la chanson. Voilà un rôle probablement marquant, qui risque d’étoffer encore un peu plus la filmo de notre compatriote. Sortie annoncée pour la fin de l’année prochaine.
Un drôle d’acteur
Si les films des Frères Dardenne – notamment – l’ont un peu étiqueté acteur de films dramatiques, Renier peut pourtant être drôle. Quelques scènes cultes de “Dikkenek” nous en ont donné un bel aperçu. L’acteur confirme ses talents comiques dans l’hilarant “Pièce montée”. “J’avoue que je me suis librement inspiré de Hugh Grant dans “Quatre mariages et un enterrement”, que j’ai visionné plusieurs dizaines de fois.” Puis, outre le très montypythonien “Philibert”, dans lequel il remplacera le regretté Jocelyn Quivrin, Renier sera à la fin de l’année dans “Potiche” de François Ozon – tourné à Bruxelles – pour camper un homo dingue de sa mère, jouée par Catherine Deneuve. “Elle m’a confirmé que la comédie était la chose la plus difficile à faire. Je pense en fait que l’humour requiert une énergie différente, peut-être moins maîtrisable.”
David Hainaut
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1981: Naissance le 6 janvier à Bruxelles.
1996: Révélation dans “La Promesse” des frères Dardenne.
1999: “Les Amants criminels”, de François Ozon.
2001: “Le Pacte des Loups”, de Christophe Gans, et “Le Pornographe”, de Bertrand Bonello.
2004: “Violence des échanges en milieu tempéré”, et “L’Enfant”, des frères Dardenne.
2006: “Dikkenek”, d’Olivier Van Hoofstadt, et “Nue Propriété” de Joachim Lafosse, avec son frère Yannick. Prix Jean Gabin.
2008: “In Bruges”, de Martin McDonagh, et “Le Silence de Lorna”, des frères Dardenne.
Mars 2010: “Pièce montée”, de Denys Granier-Deferre. |