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Marc Goldstein, un premier long métrage très attendu au BIFFF
“Glenn 3948” est l’un des films les plus attendus de ce 28e BIFFF. Un projet ambitieux et belge, doté d’un casting international, qui est l’œuvre de Marc Goldstein, un réalisateur qui émerge à 42 ans.
Peu y auraient cru, mais Jaco Van Dormael n’est désormais plus le seul réalisateur belge capable de réaliser un film de science-fiction avec un casting de renom.
Certes encore méconnu du grand public, car réalisateur de courts métrages et de documentaires jusqu’à présent, Marc Goldstein n’a pas lésiné sur les moyens pour aboutir à son premier long, intitulé “Glenn 3948”. Un film qui confronte deux musiciens de génie, tant face à leur piano qu’à l’élue de leur cœur, et où un robot va venir chambouler la partition de leur destinée.
Le générique, excusez du peu, réunit entre autres Billy Boyd, héros du “Seigneur des Anneaux”, Patrick Bauchau, le plus hollywoodien des acteurs belges (“Panic Room”) et Gérard Depardieu en personne. Un projet complètement en marge, démesuré, fou, mais qui risque de faire parler de lui.
A commencer au BIFFF, puisqu’il y sera diffusé en première mondiale. Son initiateur nous devait bien quelques explications !
Marc Goldstein, comment est né “Glenn 3948” et comment avez-vous pu réunir un tel casting pour votre premier film ?
D’abord, si j’ai écrit ce film, c’est surtout pour me consoler d’un premier projet, plus pharaonique encore, qui n’a pu voir le jour.
Ensuite, j’estime que ce n’est pas parce qu’on est Belge qu’on ne peut pas réaliser un film ambitieux. Moi, je suis allé dans l’optique de me donner les moyens de faire un film que j’aurais eu envie de voir comme spectateur.
D’accord, mais pour vous payer Billy Boyd et Gérard Depardieu dans un premier film, il vous fallait des arguments, non ?
De la patience, plutôt ! Je me suis rendu plusieurs fois à Londres et à Paris. Surtout pour Billy Boyd, qui était l’un des acteurs principaux du film. Le rôle de Depardieu est moindre, puisqu’il joue un journaliste.
Mais je tenais à l’avoir et ce ne fut pas sans mal, puisque je l’ai harcelé pendant des mois au téléphone. Bref, je dois peut-être avoir un sens inné de la conviction, mais c’est plutôt que je ne voudrais par avoir de regrets à la fin de ma vie !
On pourrait encore ajouter l’aide d’autres grands noms, comme celle de Michel Benjamin, le directeur photo du “Peuple Migrateur”, ou celle de Jean-Pierre Taïeb, le musicien de Luc Besson…
Oui, c’est important de bien se faire entourer. Mais encore une fois, je voulais faire quelque chose de vendable, et ce n’est possible qu’avec des gens de talent. Dans le film, le droïde se mêle à de vrais pianistes, comme Daniel Blumenthal, qui est l’un des plus grands en Belgique.
Pour les décors, nous avons trouvé une brasserie à Louvain qui laissait transparaître une âme unique. Au point que Jean-Pierre Jeunet y est revenu plus tard tourner un pub. Mais voilà, je crois que pour réussir un film, il faut être exigeant à tous les niveaux.
Je ne sais pas si mon entreprise marchera. Mais je veux que le spectateur en ait pour son argent, qu’il ait aimé le film ou non.
Inclure un robot dans votre film n’a pas dû être chose simple. Comment vous y êtes-vous pris ?
Avec beaucoup de patience ! Au début, nous avions prévu de faire entre 50 et 70 plans d’effets spéciaux, mais on en a eu 350 ! Ils font donc plus d’un tiers du film (NDRL: qui fait 1h20 au total).
On les a bossés pendant des mois… sans parler des dizaines de pages de scénario supprimées avant le montage, de plans flous tournés pour rien, et de scènes shootées à la sauvette en plein cœur de New York, grâce à Billy Boyd. Mais à un moment, je me suis rendu compte que ce n’était pas le film que je voulais et j’en ai pleuré !
On l’a remonté, en bossant beaucoup pour que le robot, héros du film, soit attachant, tout en donnant de l’humanité et de la profondeur à l’ensemble. Même si j’aurais peut-être voulu ajouter plus d’humour, le résultat est au-delà de mes espérances.
On a l’impression que vous vous mettez en permanence à la place du spectateur...
Je songe toujours à ce que je voudrais voir. J’ai eu envie de faire un film pour le public, éventuellement jeune, pour qu’il ait un maximum de chance. Je suis sûr qu’on peut offrir de la profondeur tout en distrayant les gens, et je n’ai pas honte de dire que les recettes et l’argent sont aussi la preuve d’un succès.
Marc Goldstein n’a pas lésiné sur les moyens pour aboutir à son premier long. (DR)
David Hainaut
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