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Amélie Nothomb

Amélie Nothomb

L’Amélie théâtrale

Ses livres font le bonheur de ses lecteurs. Mais aussi des gens de théâtre qui y trouvent belle matière. La preuve avec “Cosmétique de l’ennemi”, sur les planches du Public, ce jeudi, avec la bénédiction d’Amélie Nothomb.


La rencontre entre Cosmétique de l’ennemi d’Amélie Nothomb et les planches du théâtre le Public tient à... une amitié. Lorsque l’on présente à l’écrivain belge la proposition émanant de Janine Godinas, elle avoue ne savoir qu’en penser. Ça n’est pas la première fois, loin de là, que ses livres provoquent la convoitise d’appétits théâtraux. En France, en Suisse, au Québec ont déjà été montés “Métaphysiques des tubes” ou “Le Sabotage amoureux”. “Je ne savais que penser de l’adaptation de Cosmétique de l’Ennemi. Mais j’ai un très bon ami qui m’a convaincue, en me disant que s’il était moi, il accepterait... Je me suis rendue aux arguments d’Eric-Emmanuel Schmitt.” L’homme de théâtre a su convaincre l’écrivaine qui avait de toute façon un a priori positif sur le théâtre belge : “L’adaptation de mes livres pour les planches n’est pas un phénomène belge. Ce qui l’est par contre, c’est la qualité des adaptations. Jusqu’à présent, elles furent vraiment les meilleures”. Et d’évoquer Le Sabotage amoureux mis en scène par Brigitte Bailleux et joué par Laurence Vielle il y a deux années au Jacques Frank, qui l’a bluffée. D’une voix claire, modulée, d’un verbe précis et d’une tournure charmante, Amélie Nothomb avoue ne pas tout à fait comprendre l’intérêt que les metteurs en scène trouvent à ses livres : “Je connaît très mal le théâtre, j’y vais de temps à autre en tant que spectatrice. Alors, quand un spécialiste s’intéresse de près à mes écrits, je suis étonnée, heureuse et une fois que j’ai donné mon accord, je lui fais confiance. Je ne suis pas du genre à jouer la mouche du coche. Les professionnels avec qui j’ai pu en parler, attribuent des qualités théâtrales à ma manière d’écrire. “Vous écrivez des situations de théâtre”, me dit-on. Tiens ! Je ne m’en rends pas compte. Pour moi on peut s’improviser écrivain mais pas dramaturge... ”. Mademoiselle Amélie, comme l’appelle presque avec dévotion ses fans, a également de “terribles problèmes d’emploi du temps”. Pour le soir de la première de “Cosmétique de l’ennemi”, “j’ai envoyé mes parents m’y représenter. Ils iront en éclaireurs... et me feront part de leur avis !”. 

Une vie pas rassurante 
Le père d’Amélie, Patrick Nothomb, est décidément plongé dans l’actualité : depuis la sortie de son livre “Intolérance zéro - 42 ans de diplomatie”, il enchaîne passage radio, interviews et conférences autour de la diplomatie et de la tolérance... Il volerait presque la vedette à sa fille. Amélie en rit et confie avoir beaucoup apprécié le livre de son père. “C’est très simple, je ne pouvais que l’adorer : son livre, c’est tout à fait lui”. Et qu’un Nothomb en cache temporairement un autre ne peut que faire du bien à la fille de son père ! Entre ses longues périodes matinales d’écriture, son passage chez son éditeur pour répondre au courrier de ses admirateurs et admiratrices, la “gestion” de son “capital littéraire”, “je suis quelqu’un de très occupée”. Il faut dire aussi que la parution annuelle d’un volume signé Amélie Nothomb cache l’écriture d’environ trois livres dans le secret préservé de son intimité... À la fin de l’été déjà, le livre n’est plus totalement sien : chez Albin Michel, on met en place la formidable machine de l’édition et en septembre, l’opus devient (en principe) plaisir de lecteur. “La parution d’un livre par an en septembre est la seule chose de ma vie qui m’apparaît sûre. Je n’ai pas une vie rassurante du tout en dehors de ça, vous savez... On dirait que je n’ai pas le talent de vivre dans la quiétude”. Ah ! Paris. La ville qu’elle a choisie depuis quelques années lui offre donc l’asile, l’héritage de bien des lettres et une vie trépidante... dont on ne saura pas plus. Peut-être devrait-elle revenir plus souvent en Belgique, à Bruxelles, où elle avoue ne plus être passée depuis assez longtemps. “Selon moi, je n’ai pas de pays. La Belgique est mon pays par défaut. C’est comme pour mes livres : ils m’apportent un contact merveilleux avec les lecteurs et j’estime toujours aussi miraculeux que les gens m’aiment ! En Belgique aussi on m’aime, on me revendique même parfois ! Je ne vais pas bouder cet honneur, bien que j’estime clairement ne pas être la personne la plus représentative de la ce pays.” En tout cas parmi les plus mystérieuses... Non peut-être !

Mon petit Proust

Le principal trait de mon caractère :
l’étonnement.

La qualité que je préfère chez les hommes:
la noblesse.

La qualité que je préfère chez les femmes:
la folie.

Mon principal défaut:
colérique.

Ma principale qualité :
pas blasée.

Mon rêve de bonheur:
voler... être dans le ciel avec des ailes comme les oiseaux.

Ma devise :
systématiquement non systématique.

Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.



E.W.

● 1967. 13 août. Amélie naît à Kobe (Japon) 

● 1984. S’installe à Bruxelles après avoir suivi son père diplomate dans le monde entier. 

● 1992. Son premier roman “Hygiène de l'assassin” remporte un énorme succès. Elle publiera ensuite chaque année en septembre un roman. 

● 2004. “Biographie de la faim” est son 13e opus.
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