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Actrice en série
Avec “Trouble”, Natacha Régnier explore le film de genre alors que son
genre à elle plaît toujours plus... Depuis que sa petite fille, Lise, est entrée
dans sa vie, la comédienne a le feu et sa carrière prend une belle ampleur.
Natacha Régnier a participé à deux films avec Denis Podalydès, a tourné – à Bruxelles – avec Lucas Belvaux dans “Demain, on déménage” de Chantal Akerman, et s'apprête à être dirigée par le réalisateur-acteur lui-même à Liège dans une comédie déjantée, “La raison du plus faible”. Dans le film d’Akerman, elle incarnait une femme enceinte. Comme dans “Silence” d'Orso Miret, un film trouble sur les rapports que peuvent entretenir des villageois corses entre eux. Et comme dans “Trouble”, d'Harry Cleven, présenté en compétition internationale au Bifff et qui vient de sortir sur les écrans. Tandis que dans trois autres de ses films, on remarque qu’elle incarne un personnage en butte à une image paternelle très présente. Alors quoi ? Est-ce voulu ? Des cycles de sa vie s'inscrivent-ils inconsciemment dans sa filmographie ou est-ce simplement le hasard ? “Concours de circonstance. C’est marrant, non ?”, sourit-elle, avant d’enfoncer le clou : elle va tourner avec Jean-Pierre Limosin un film dont un singe bonobo est le héros et elle... une femme enceinte d’un tout autre acabit que celle de “Trouble” ! Dans ce nouveau film de genre en tout cas, la fin de la grossesse du personnage qu’elle incarne va virer à l’angoisse quand son mari, ex-môme de la Ddass sans souvenirs d’enfance, apprend que sa mère est morte et qu’il a un frère jumeau qui devient terriblement présent...
“Lise, mon énergie” Cette histoire, tournée avec de nombreux effets spéciaux (107 scènes sur 600 séquences en usent), est plutôt rare dans le paysage français. C’est notamment ce qui a plu à Natacha. “La lecture du scénario m’a tenue en haleine de bout en bout : il y a un traitement très fort de la perversité dans ce film. Quand j’ai tourné les essais avec Harry Cleven, j’ai vraiment voulu en être : il a une direction d’acteurs instructive, et jouer avec Benoît Magimel, que j’avais vu dans plein de films et que j’avais déjà croisé avec bonheur, m’enchantait”. La comédienne ixelloise y apparaît par petites touches. Convaincante et douce (à défaut que le film le soit aussi...), avec ses traits de Madone d'une époque lointaine et un peu mystérieuse. Un visage qui plaît et inspire : “C’est vrai que j’ai une émotivité à fleur de peau qui a beaucoup été exploitée. On peut sentir que sous ma pudeur, il y a une grande force, une rage même. Mais aujourd’hui, j’ai envie de développer un côté plus surprenant de mon jeu”, explique-t-elle. Depuis “La vie rêvée des anges”, son talent est reconnu et sa carrière, qui aurait pu se cantonner à la confidence intimiste de films d’auteur, lui offre de sauter d’un film à l’autre. Tout ça a de l’amplitude, et prend de plus en plus d’ampleur! Ces derniers temps, donc, elle apparaît beaucoup. A cette remarque, ses yeux s’illuminent. Son envie de travailler toujours plus, c’est l’arrivée de la petite fille qu’elle a eue avec le musicien Yann Tiersen qui la lui a inspirée. “Lise m’a apporté une énergie énorme. En plus, être comédienne est un travail merveilleux parce que c’est facile d’emmener son enfant avec soi. Je travaille sans arrêt et en même temps j’ai le privilège de passer énormément de temps avec elle. On s’épanouit mutuellement !” Et ça se voit : les propositions de scénario qui lui sont adressées personnellement sont nombreuses, variées. Une carrière à la Sandrine Bonnaire, un modèle pour Natacha, se profilerait-elle ? “Je pourrais tout tenter : je marche à l’instinct, si ça éveille ma curiosité, j’y vais”.
Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.
E.W.
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● 1974. Naissance à Ixelles le 11 avril dans une famille de commerçants.
● 1998. Prix d’interprétation à Cannes pour “La vie rêvée des anges”.
● 2001. Chante sur “L’Absente”, un album de son compagnon Yann Tiersen et part en tournée avec lui.
● 2002. Naissance de Lise. |