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Made in Colinet
Installé dans ses murs blancs depuis un an, le Théâtre national prend encore
un nouvel envol: la première saison de son directeur, Jean-Louis Colinet va
investir les planches. Les yeux dans le lointain, il pense déjà... à la prochaine.
Pour échapper à ses obligations de capitaine du navire t h é â t r a l national, Jean-Louis Colinet prend la mer. Ses vacances, il les passe sur l’eau, calme ou déchaînée. Il en a rapporté le regard lointain et transparent du marin aguerri et l’expérience de se colleter avec les difficultés. Mais on est en septembre et déjà le voyage italien est loin. C’est la rentrée pour tout le monde et un petit peu plus pour Jean-Louis Colinet dont la première saison en tant que directeur du Théâtre national commence bientôt.
Amoureux du bien-manger Attendu au tournant ? Il ne se le dit pas comme ça. “Je ne suis pas très préoccupé par les discussions de comptoir ou de ceux “qui savent”… Il y a deux manières d’aborder les choses : soit vous travaillez selon ce que vous imaginez que les autres attendent, soit vous mettez en oeuvre un projet qui reflète vos convictions et pour lequel on vous a appelé”, sourit- il. D’un mot, il juge “sa” saison: c’est une “invitation à découvrir. On aborde le classique ou le contemporain, on s’ouvre à une culture non francophone avec à chaque fois une approche singulière.” Dix-huit spectacles dont, le 26 septembre, “La Mouette” de Tchekhov mise en scène “de manière si originale” par Jacques Delcuvellerie. Tous vus, revus, aimés par Jean-Louis Colinet. Qui est déjà à l’affut : la deuxième saison couve et il voyage de théâtres en rencontres pour la rêver avant de la concrétiser. C’est l’enthousiasme qui le guide, pas l’intellectualisme théâtral… Et quand il ne va pas au théâtre pour le travail, Jean-Louis Colinet… n’y va pas non plus pendant son temps libre : “Il faudrait être un peu fou, non ?” Cet amoureux du bien-manger et du bien-boire refait alors le monde entre amis, à Bruxelles comme à Liège. Tout ça nourrit aussi sa créativité. L’homme au regard lointain s’ancre dans la réalité nocturne...
MON PETIT PROUST
Le principal trait de mon caractère : Enthousiaste
La qualité que je préfère chez les hommes: La sincérité
La qualité que je préfère chez les femmes: L’audace
Mon principal défaut : L’orgueil
Ma principale qualité : La candeur
Mon rêve de bonheur: Je pense que c’est ce que je suis en train de vivre. Je n’ai pas de modèle de vie auquel j’aspire. J’ai bien pensé à prendre mon bateau pour un tour du monde mais tout bien considéré, c’est en fait une aventure extrêmement tournée sur soi-même qui ne me convient pas. Les tour-de-mondistes ne sont pas au milieu du monde comme à terre, ils transportent ailleurs leur chez-soi.
Ma passion : Le bateau. Cela apporte des sensations très physiques. Ce qui m’attire, c’est la confrontation avec la mer, le vent, le fait de glisser sur cette masse liquide sans bruit. Sur l’eau, le rapport à la nature est extrêmement fort : on est dans un rapport de plénitude mais aussi de démesure qui est vertigineux. Et on ne pense plus : juste à avancer, à assurer sa sécurité.
Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.
E.W.
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● 1950. Naissance de Jean-Louis Colinet dans un petit village du Condroz le 12 octobre 1950.
● 1969. Etudes à l’Insas section “Mise en scène”. Il en sort en 1973. ● 1977/78. Conseiller en audiovisuel et théâtre auprès de Henry Ingberg à la Communauté française.
● 1978. Metteur en scène free-lance dans la région de Liège. Il travaille avec des personnes peu habituées au théâtre. L’expérience dure longtemps et le marque profondément.
● 1981. Il achète son premier bateau, un vaurien, qui sera suivi par des voiliers.
● 1988. Jean-Louis Colinet devient le directeur du théâtre de la Place à Liège.
● 2004.Il devient directeur du théâtre National.
● 2005. La première saison signée Colinet débute avec une pièce de Jacques Delcuvellerie. |